12 ans de descente en enfer

13/10/2012 13:52 par caton

  • 12 ans de descente en enfer

    12 ans de descente en enfer

    13/10/2012 13:52 par caton

21 Savoir Gérard Dalongeville sur des charbons ardents, en ce mois d'octobre 2004, dope Pierre Darchicourt.

Qui s'était fait très discret depuis son éviction de la liste régionale et fait un (timide tout de même) retour sur la scène politique. Dans un quatre-pages, il se pose en « alternative crédible » à Dalongeville comme au FN et promet de très vite multiplier les initiatives.

Ce qu'il se gardera finalement de faire... Un autre à sortir de sa réserve est le truculent Jacques Nowak, compagnon de route de Dalongeville lors des municipales 2001. Qui jette un regard sans concessions sur la magistrature de son ex-camarade, relevant qu'il pratique désormais les méthodes d'un Darchicourt que, de concert, tous deux honnissaient. Quant à son bilan, il le caractérise de... traîtrise.

Des états d'âme qu'on n'a pas franchement du côté du PS où, en cette fin 2004, on roule à fond pour le maire d'Hénin-Beaumont. À l'occasion de l'inauguration de la Maison de quartier Darcy, Marie-Noëlle Lienemann, dont certaines mauvaises langues laissent entendre qu'elle lorgnerait sur la 14e circonscription d'Albert Facon, est des plus civiles avec Gérard Dalongeville. D'autant que l'Héninois est lors de cette soirée littéralement « cocooné » par Albert Facon. Qui n'hésite pas à expliquer combien son hôte est proche des gens « contrairement à ce que certains pensent de vous », lançant même à Gérard Dalongeville une véritable déclaration : « Je voudrais dire au maire d'Hénin que le président de la CAHC fera tout pour aider les projets d'Hénin-Beaumont ! » Un assaut de bontés dont il sera remercié à sa juste valeur en avril 2009... Un PS aux petits soins pour le maire... Oui mais il n'en est pas de même du côté de la population où la grogne monte, à telle enseigne que, fin octobre, une séance de conseil municipal est très chahutée et protégée par la police municipale. Au milieu des sifflets et invectives, Claude Duberger demande la poursuite des débats en huis clos. Ce qu'il n'obtiendra pas.

La fée Ikéa

La fin d'année voit alterner le chaud et le froid pour le maire d'Hénin... Du côté de son opposition, on s'organise puisque Christine Coget et Thierry Deneuville lancent leur association « Transparence et citoyenneté ». Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule puisque, début décembre, un des piliers de la majorité démissionne du conseil municipal. Éric Mouton, qui était néophyte en 2001, ne supporte plus la pression du quotidien et les méthodes de son patron. Officiellement, il explique alors lâcher l'affaire pour raisons de santé, mais en fait, espère secrètement être de ceux qui, lors des prochaines municipales, déboulonneront un maire qu'il ne supporte plus. Et qui, pour cette traîtrise, le poursuivra longtemps de sa vindicte... Que des mauvaises nouvelles pour le maire d'Hénin ? Eh bien non, puisque la grosse surprise de cette fin d'année est l'annonce de l'arrivée du géant suédois Ikea à Beaumont, à l'horizon 2006 avec 290 emplois alors annoncés, la cerise sur le gâteau étant l'organisation autour d'Ikea d'un centre commercial dédié à l'équipement de la maison, « Maison + », où l'on promet entre 700 et 1000 emplois. Alors que sa réputation est au plus bas, Gérard Dalongeville, tel l'incroyable Houdini, réussit en une seule annonce, à se libérer de son image d'oppresseur du porte-monnaie héninois pour apparaître tel l'architecte des lendemains qui chantent. Un animal politique, qu'on vous dit !

 

22 Ah le vivifiant air scandinave... Depuis que Gérard Dalongeville a rendu public le débarquement d'Ikea sur les terres beaumontoises, les nuages ont comme par miracle été chassés des cieux de la commune. Pour un peu, on en oublierait le coup de massue fiscal asséné neuf mois plus tôt. Mais tout le monde n'est pas amnésique...

L'annus horribilis se termine donc en feu d'artifice et le clou sera enfoncé, mi-janvier 2005, à l'occasion de la dernière cérémonie des voeux organisée dans les salons d'honneur (les prochaines se dérouleront désormais à l'Espace Mitterrand).

En ce traditionnel jour d'autocélébration où tout le monde est beau et tout le monde gentil, c'est ni plus ni moins que Daniel Percheron qui vient dire tout le bien qu'il pense de Gérard Dalongeville.

Et il n'aura pas beaucoup à se forcer car depuis de nombreux mois, celui qui, au début des années 90, pilota le jeune Rastignac vers Hénin-Beaumont afin qu'il intègre l'équipe de Pierre Darchicourt, est désormais persuadé que Gérard Dalongeville est bel et bien l'avenir d'Hénin. Et pourquoi pas celui du PS !

Une présence honorifique que Gérard Dalongeville appréciera tout au long de la cérémonie à sa juste valeur usant et abusant du « Merci président » au fil de son propos.

Un maire qui ne se prive pas d'énumérer les projets qu'il couve pour sa ville, de l'arrivée du géant Ikea et de Maison, jusqu'au dossier ANRU de Darcy dont on sait aujourd'hui qu'il ne fut qu'un leurre. Une vision idyllique du Hénin de demain qui lui fera dire avec assurance, devant un Daniel Percheron dodelinant de la tête : « Voilà la vérité et elle vaut mieux que de vilaines rumeurs ... » Un excès de forfanterie qui passera mal parmi une partie de l'assistance dont certains sortiront alors des panonceaux rappelant le maire à une plus juste vérité, celle du rapport de la chambre régional des comptes dont on attend alors les conclusions définitives. « Percheron, trahison !», hurle alors un spectateur rapidement bousculé par des proches du maire.

Une poche de résistance qui ne perturbe pas le moins du monde Daniel Percheron faisant l'apologie d'une ville qui reste à réinventer et qui est « tout sauf ordinaire ». Que du baume au coeur du maire d'Hénin, mais aussi de son nouvel ami, Albert Facon, « un très grand président dans une grande agglomération ». Quant au retour au bercail socialiste de la brebis égarée, le président Percheron n'y fera pas allusion, et c'est donc Gérard Dalongeville qui lui forcera quelque peu la main en avançant : « Vous savez, on n'est pas impunément sur une tribune à Hénin-Beaumont. Au rendez-vous d'une ville qui envisage son futur dans l'unité ! » Ce que le mutin président Percheron s'est toutefois gardé de dire à son hôte, c'est qu'il avait ce soir-là amené dans sa berline un de ses vices-présidents de Région, le Vert Alain Alpern, qui comptait bien profiter de cette soirée de voeux... pour la détourner. Et organiser, en marge de la cérémonie, une conférence de presse avec les Verts héninois afin d'annoncer son ancrage à Hénin en vue des prochaines municipales.

Tuteur de la section des Verts héninois, il a suivi la décrépitude des affaires municipales et entend guerroyer contre Dalongeville en perspective des municipales 2008, estimant « qu'il y a ici de la place pour faire de la politique autrement ». Le pauvre n'imaginait sans doute pas, alors, où il mettait les pieds...

 

23 Il n'y a pas que les finances de la Ville qui, en ce début 2005, sont en piteux état. Par un phénomène de porosité que l'on appellera comme on voudra (le choix est vaste !), un certain nombre d'associations héninoises hyper-noyautées par la garde rapprochée du maire sont en ce début 2005 au bord du gouffre ou de la crise de nerfs. Ainsi, le football-club féminin connaît-il ses premiers déboires (il y en aura bien d'autres) en cette période où, alors que Jean-Marc Bouche n'est plus que président délégué, deux employés municipaux très proches du maire ont été placés à des postes-clés du club : président et trésorier. Rien que ça ! Lors de l'assemblée générale du FCF, la gestion financière du club, des plus opaques, ne reçoit pas le traditionnel quitus de l'assemblée alors que le trésorier (curieusement démissionnaire) est accusé de rétention de pièces comptables. Grand charivari lors de cette AG où le président, avouant n'avoir organisé aucune réunion depuis 9 mois, se retrouve complètement dépassé par les événements (ce qui ne l'empêchera pas de rester pendant plusieurs années encore au sein du staff). Et rebelote, dans la foulée, à la Carpe héninoise, où le président de l'association (qui est également, coquin de hasard, l'ex-trésorier du FCF) est placé sur des charbons ardents par ses adhérents. Il est vrai que cette association héninoise, la plus importante de la commune du haut de ses 1500 cartes, vit une période trouble avec une trésorerie là aussi complètement opaque. Et que le président (là aussi démissionnaire pour l'occasion !) n'arrive pas à justifier faute de pièces comptables suffisantes. Le début d'une saga qui pointera d'incroyables pratiques et collusions avec la vie municipale. En effet, du trésor de guerre de la Carpe, estimé à 55 000 E , aura servi à toute autre chose que la vie du club : 8000 € sont ainsi généreusement versés au Journal du pays en proie à des difficultés financières, 1300 € ont eux servi à régler une prestation musicale qu'aurait dû payer la Ville dans le cadre du Grand-prix Hénin-Dourges... Des sommes ont également servi à « aider »... le football-club féminin (pratique lorsqu'on est président-donateur et trésorier-receveur !) quand elles ne sont pas carrément parties dans la poche du président. Une affaire incroyable qui se réglera en 2009 devant les Tribunaux avec du sursis pour le président, qui n'aura en partie été qu'un simple pion dans cette affaire de manip' à plusieurs étages, qui sera tout de même tenu à rembourser plus de 28 000€. «J'ai fait ce qu'on m'a demandé de faire !» dira, en guise de mea culpa, ce dernier, originellement placé là par le maire qui lui disait à chaque fois qu'il avait un état d'âme : « Ne t'inquiète pas !»

Des rapports troubles entre la vie associative et le premier cercle du pouvoir municipal qui apparaissent également en ce début 2005 où il est révélé que l'association du Temps de vivre (là aussi forte d'un énorme trésor de guerre) fut contrainte d'acheter deux licences IV dont l'une sera au profit d'un tout nouveau restaurant ouvert par un ami du maire en centre-ville. Mais tout cela était sans doute fort normal !

24 Comme souvent, à Hénin-Beaumont, dans ces années-là, les documents administratifs mettant en cause la Ville d'Hénin ont bien du mal à circuler hors du bureau majoral. Circulez, y'a rien à voir !

Ainsi, en cette mi-janvier 2005, le premier rapport définitif dressé par la chambre régionale des comptes n'a-t-il toujours pas été officiellement communiqué par Gérard Dalongeville à son opposition, malgré la tenue d'un conseil municipal le 21 décembre... Le bon vieux système D sera donc de rigueur pour Christine Coget et Steeve Briois qui, chacun de leur côté, ont donc frappé à la porte de la CRC (les Verts attendront le 4 février !) pour demander une copie du précieux document, le maire d'Hénin se refusant à jouer le jeu.

Un rapport qui, bien évidemment est (déjà) édifiant : recrudescence d'embauches dans un contexte où l'on fait pourtant régulièrement appel à des consultants extérieurs... mais aussi où nombre de compétences ont été transférées à la CAHC ; emprunts contractés... pour rembourser le capital d'emprunts antérieurement contractés ; manque flagrant de qualification à la tête du service financier ; autofinancement chutant de 440 %... N'en jetez plus, la cour est pleine et, pendant que l'opposition s'époumone pour dénoncer les dérives dalongeviliennes, Gérard Dalongeville, en père peinard, va étaler sa bonne foi dans une incroyable auto-interview abritée dans les pages du Journal du pays, l'hebdomadaire qu'il finance et dont il a dressé depuis le départ la ligne éditoriale. Un entretien fictif qui prend un caractère complètement délirant lorsque le maire d'Hénin-Beaumont assène sans vergogne avoir lui-même demandé l'arbitrage de la CRC pour régler les problèmes financiers de la Ville. « Un résultat calamiteux... Qui peut croire une telle absurdité ? » tempête Georges Bouquillon pendant que Steeve Briois évoque « une folie douce quasi-clinique » et « une tentation de révisionnisme ». Pendant ce temps, alors que la gestion héninoise est vilipendée tous azimuts, toute une bande d'ex-élus de Pierre Darchicourt (Jean-Luc Lottegier et Guy Flament, mais aussi Jean-Claude Delhaye ou encore Jean-Claude Leroy) bossent, en bonne entente avec la fédé 62 du PS, au côté de Gérard Dalongeville. Jean-Luc Lottegier est le moteur de ce « think tank socialiste » et, sept ans plus tard, ne renie pas pour autant son choix d'alors : « Vous savez, le rapprochement avec Gérard Dalongeville était inévitable. Si on voulait construire quelque chose pour la ville, il nous fallait le faire avec lui. Bien sûr, je savais qu'il y avait autour de lui des choses pas claires mais pas au niveau de ce qu'on a découvert depuis. Ah ça non ! La logique, alors, c'était que Dalongeville avait pris la mairie, et que de notre côté il nous fallait accepter la défaite et reconnaître nos erreurs... Ce que je lui reproche toutefois c'est d'avoir craché sur toute l'équipe Darchicourt dès son élection et enfoncé des clous bien à tort... Parce qu'il n'a pas été correct à son arrivée en mairie. Les « coups partis » (ndlr : les opérations déjà décidées et financées avant la reprise en main de la Ville), il faut impérativement en tenir compte, parce qu'on n'obère pas un budget. Or, lui n'en a rien fait, ce qui explique que les « coups partis » de notre côté, plus les nouveaux coups qu'on lui doit, plus les embauches, eh bien tout a pété ! S'il y a quelque chose à avouer de notre côté, c'est une seule chose qui ne figurait pas dans le budget, mais que tout le monde fait, y compris dans le monde des entreprises. À savoir que travaux décidés en 2000 ont en fait été budgétés en 2001, l'emprunt ayant également été contracté en 2001. Mais ça, Dalongeville le savait et le nier lorsqu'il est arrivé en mairie était complètement ridicule.Mais, bon, ça a fait partie de sa posture ! »

 

25 Alain Alpern était arrivé à Hénin à l'arrière du véhicule de Daniel Percheron en janvier 2005. Il n'en partira plus...

Lors du conseil municipal portant sur le débat d'orientation budgétaire 2005, Marie-Serge Opigez tire en effet sa révérence. Longtemps secrétaire de la section PCF héninoise, Mme Opigez siégeait également au bureau et au secrétariat fédéral du mouvement. Depuis de nombreux mois, elle se sentait sur des charbons ardents au sein d'une équipe dont elle ne cautionnait plus les dérives. Mais, discipline fédérale oblige (le PCF ne voulait pas couper le lien, estimant que le seul bénéficiaire de ce divorce serait le FN), elle serrera longtemps les dents avant que de jeter finalement l'éponge en ce mois de mars 2005.

Originellement, l'élue voulait lire une déclaration sans concessions pour le maire en place... Finalement, mettant « politiquement » de l'eau dans son vin, elle se contentera d'une simple lettre de démission. Mais reprendra en même temps sa liberté de parole. Une option que ne choisiront pas Guy Creuze et Jean-Bernard Deshayes, les deux autres élus communistes, qui défendront obstinément Gérard Dalongeville jusqu'en avril 2009. Et verront par là même le PCF leur retirer leur qualité militante... Une érosion de l'équipe majoritaire municipale dont se gausseront fort logiquement les membres de l'opposition. Christine Coget, félicitant le courage des élus ayant décidé de quitter le navire « sans se soucier des avantages que pouvait leur assurer leur fonction », exhortant les autres à faire de même « avant qu'il ne soit trop tard ». Une sortie verbale qui précédera une sortie physique du groupe d'opposition afin de protester contre l'absence de transmission du dossier préparatoire au DOB devant être discuté ce soir-là. Avant que l'ex-PS et ses amis Verts ne quittent la salle, Gérard Dalongeville leur lance avec la morgue qui le caractérise parfois : « Bonne soirée et attention aux escaliers ! » Charmante ambiance au sein du conseil municipal... mais aussi dans la section socialiste héninoise où Daniel Duquenne a de plus en plus de mal à digérer le passage de « la bande des cinq » ex-fidèles de Pierre Darchicourt (MM. Lottegier, Flament, Leroy, Delhaye et Boulonne) au sein d'un « think tank » associé à la majorité municipale.

Irréductible Daniel !

Pendant que la fédé met patiemment en place les structures du pont qui aidera Gérard Dalongeville à traverser le Rubicon, Daniel Duquenne se refuse à accepter le quasi inéluctable. Et affirme croire toujours en un PS « préparant l'alternance » et « se refusant à cautionner la politique de la majorité municipale », faisant fi des récents débordements d'amitié d'Albert Facon et du soutien désormais attesté de Daniel Percheron.

Pendant ce temps-là, avec ses amis les Verts, Alain Alpern commence à prendre tout doucettement ses marques en expliquant vouloir construire une autre, une vraie, une nouvelle gauche pour Hénin-Beaumont. Et lorsqu'on le titille sur les rumeurs faisant état d'un éventuel parachutage de Marie-Noëlle Lienemann, celle-ci sentant bien qu'elle n'a alors plus rien à attendre de la vie béthunoise, le conseiller régional n'y croit pas un seul instant : « C'est une amie. Si elle avait envie de se lancer dans la bataille municipale à Hénin, elle m'en aurait parlé. Ce qui l'intéresse, ce n'est pas un poste de maire, mais la députation nationale, ce qui lui est difficile d'obtenir à Béthune... » C'était sans doute la vérité de 2005, celle de 2007-2008 sera bien différente...

 

26 En ce printemps 2005, les jardiniers municipaux sont très affairés à faire repousser la rose à l'ombre de l'hôtel de ville. Comme en atteste la création de l'association « Le poing et la rose », que Gérard Dalongeville lance le 10 mai lors d'un grand raout organisé au Cèdre bleu, sous forme d'un diner-hommage à François Mitterrand. À la tête de cette nouvelle association, le fidèle parmi les fidèles, Claude Duberger, qui a déjà prouvé son savoir-faire en la matière au temps où il était à la tête des Amis de la Rose héninois.

Quant à la trésorerie, ce n'est pas à Claude Chopin qu'elle échoit (lui avait, deux ans auparavant, piloté l'éphémère « Association de rassemblement pour Hénin-Beaumont » qui avait généré beaucoup d'adhésions mais dont on ne sut jamais ce qu'il en était finalement advenu !), mais à Micheline Rudi, qui, elle aussi, avait fait ses preuves à la section socialiste du temps de Jean-Luc Lottegier. Un énième affront pour Daniel Duquenne, dont la section socialiste se laisse de plus en plus manger la laine sur le dos... Des raisons de s'inquiéter, d'autant que, depuis quelques mois, un nouveau lobby, et pas des moindres, va pour le moins servir les intérêts de Gérard Dalongeville.

En effet, en novembre dernier, les élections consulaires ont vu une véritable révolution de palais à la CCI de Lens, où Gérard Linglart a été déboulonné au profit d'Edouard Magnaval et son équipe. Ce dernier, chef d'entreprise héninois (et président du club d'entreprises Hénindustries), était annoncé comme nettement perdant face à l'ancien adjoint au commerce d'André Delelis. Mais une série d'intérêts croisés, aussi bien dans la sphère politique qu'économique, porte de manière souterraine la victoire des listes Magnaval.

La « table » où il fallait être

Une victoire imparable qui fait désormais de Jean-Marc Bouche, l'ami entrepreneur, un vice-président consulaire en charge du commerce, gagnant encore de l'influence et du potentiel d'entregent.

La victoire sera fêtée deux jours durant au Cèdre bleu, chez M. Bouche, un restaurant qui, ainsi, renforce plus que jamais sa qualité de « table » où, dans l'arrondissement, les affaires se négocient.

Les bonnes grâces du PS, l'« oreille » de la CCI, tout va pour le mieux pour Gérard Dalongeville qui, en sus, a su faire avaler des couleuvres au conseil général. Qui vient de faire savoir qu'il financerait à 60 % la future salle de sports implantée à Birembaut (le reste étant complété par des fonds Etat-Région, FEDER ou politique de la ville) et devant bénéficier en priorité aux collégiens de Gérard-Philippe... mais aussi aux basketteurs de l'ESHB.

En effet, en 2000, la salle des sports Léo-Lagrange, traditionnellement dévolue aux collégiens et aux basketeurs, était ravagée par un incendie. La nouvelle salle était ô combien attendue et constitue une divine surprise pour la Ville puisque, depuis fort longtemps, la municipalité a encaissé le chèque d'indemnités-sinistre des assurances, mais s'est bien gardé de le réinvestir dans des travaux ou une nouvelle salle, reversant le tout au pot commun !

Que de bonnes nouvelles pour Gérard Dalongeville pendant qu'au PS héninois Daniel Duquenne continue de ronger son frein, se sentant de plus en plus seul dans son combat. À telle enseigne qu'il se lance dans la production d'un blog « perso » qu'il présente alors comme une « machine de guerre » contre la pensée unique dalongevilienne. Un site que l'élu PS truffe avec délice de déclarations croquignolesques de son maire favori, rappelant comment celui-ci s'est emparé « des finances de la ville comme d'un butin ».

 

27 Rencontre électrique que celle qui se déroule sur le site de l'ancienne fonderie Metaleurop Nord, à Noyelles-Godault, qui reçoit en ce début octobre 2005 la visite de Laurent Fabius. Pour accueillir l'ancien premier ministre, une brochettes de socialistes (ou ex, ou encore futurs ex) qui ont en commun un véritable réseau de haine.

Autour du député Albert Facon, son désormais allié indéfectible (enfin pour l'instant), Gérard Dalongeville, qui a le déplaisir de se retrouver au côté de Daniel Duquenne, désormais électron libre socialiste plus ou moins officiellement marginalisé par la « fédé » 62. Et, surtout, l'ancien maire d'Hénin-Beaumont, Pierre Darchicourt, qui méprise Albert Facon, honnit l'usurpateur Gérard Dalongeville, et ignore son ex-bras droit, Daniel Duquenne, qui a eu le tort de couper le cordon ombilical trop violemment. Un « ex » dont on s'étonne de la présence et qui explique tout de go avoir toujours été derrière Fabius, « même au congrès de Rennes.

Donc, on l'imagine, une image de franche camaraderie autour de Laurent Fabius, tout à fait représentative de l'état actuel d'un PS héninois en quête d'identité, de cohésion et, parfois, de respectabilité. Une réunion de famille aigre-douce qui poussera Pierre Darchicourt à annoncer, une fois de plus, qu'Armageddon va arriver de manière imminente. « Dans cette circonscription, il y a un certain nombre de comptes à régler et je compte bien les régler ! » Il faudra finalement attendre 2009 avec le flop que l'on sait...

Coup de sang

Une ambiance délétère qui, malheureusement, ne se confine pas aux seules frontières du Parti socialiste. Car, depuis l'augmentation de 85 % des impôts locaux, Gérard Dalongeville n'est pas partout en ville persona grata, comme en atteste le coup de sang d'un citoyen, qui, toujours au cours de ce mois d'octobre, est tombé sur le paletot du maire d'Hénin-Beaumont, alors qu'il sortait d'une réunion au CAMSP de la rue de l'Abbaye. Quelques mots marmonnés et un crochet du droit qui fera beaucoup causer en ville.

En cette fin d'année 2005, il est un personnage nouveau qui apparaît dans la galaxie Dalongeville. Un visage jeune que celui de ce tout nouveau webmestre dont le nom a quelque chose de déjà entendu. Et pour cause, puisqu'il s'agit de Pierre Ferrari, fils du directeur du centre hospitalier d'Hénin-Beaumont et qui a pour mission d'animer le site internet de la ville tombé en sommeil depuis de nombreuses années. Au côté de Lahoucine Essakhi (qui fera son entrée dans la vie municipale un peu plus tard), le jeune homme n'est alors encore qu'un employé municipal dévoué à la tâche qui lui a été assignée mais qui, un an plus tard, prendra toute sa place dans le débat politique en créant une section locale du Mouvement des jeunes socialistes. Et devenant par là même un dangereux rival pour Gérard Dalongeville. On en reparlera... Une fin d'année au cours de laquelle se profile également un autre bouleversement dans la vie du PS locale, à savoir la purge, actuellement en cours, au sein du PRG départemental dont une brochette d'Héninois (et non des moindres) a été exclue ou est en voie d'exclusion de par la volonté du nouveau patron fédéral, Pierre Georget. Parmi ceux-ci, Jean-Marie Calero mais surtout Jean-Marc Bouche, Jean-Pierre Chruszez (alors en mission professionnelle dans les Ardennes) ou Olivier Vergnault... qui mûriront en conséquence une sacrée vengeance. « C'en est fini du temps des trublions politiques uniquement animés par des ambitions personnelles » tonne M. Georget, qui confie de ce fait à Éric Mouton l'animation du Cercle radical héninois. Un ex-adjoint de Dalongeville qui assure alors que les alliances futures ne risquent pas d'être négociées avec l'actuel maire d'Hénin : « Le totalitarisme, je l'ai vu à l'oeuvre et je n'ai vraiment pas envie de revivre ça ! » Mais il y a si loin de la coupe aux lèvres!

 

28 À deux, on fait mieux... Tout au moins, c'est ce qu'il paraît et a, sans doute, présidé à la fusion des associations politiques de Georges Bouquillon (Civisme et valeurs républicaines) et Christine Coget (Transparence et citoyenneté)...

Mis dans un shaker, tout cela donne « Civisme et Transparence » et sonne le départ de l'union de deux colères. Différentes, mais ayant la même cible : Gérard Dalongeville. « On ne va pas se contenter d'être des aiguillons ! », préviennent-ils d'entrée de jeu en cette fin novembre 2005.

Lutte sans merci

Du haut de leurs 71 adhérents, les nouveaux mariés promettent une lutte sans merci « contre le populisme du maire et de son entourage » et « de réconcilier les Héninois avec la politique dans ce qu'elle a de plus noble ».

La nouvelle association explique déjà vouloir travailler en partenariat avec tous ceux qui, comme eux, « combattent aussi bien Dalongeville que Briois » : en ligne de mire, Daniel Duquenne et son pôle de résistance socialiste (qui vient d'être à nouveau plébiscité par les siens à la tête de la section héninoise... même s'ils ne furent alors que cinquante-sept votants) et les Verts d'Alain Alpern et Jean-Marc Bureau.

Pendant que le PS héninois compte désormais ses membres, la chambrée étant désormais très éloignée des années fastes, il en est d'autres qui, dans l'ombre, dessinent les contours d'un nouveau PS. Plus « Dalongevillo-progressiste », dirons-nous !

En effet, depuis qu'Olivier Vergnaud et ses amis ont été exclus du PRG par un Pierre Georget jouant les « Monsieur propre », ceux-ci ont commencé à travailler, en étroite collaboration avec Gérard Dalongeville, sur une renaissance qui pourrait bien faire les choux gras du maire d'Hénin-Beaumont.

Pour l'instant, le groupe des exclus lance une simple association « radicale-socialiste » qui se veut être « la réunion d'hommes de gauche, qu'ils soient ou non cartés, et partageant les valeurs humanistes et progressistes qui nous sont propres ».

Une initiative qui, après quelques mois de réflexion et de négociation avec la fédération socialiste, prendra une autre ampleur pour devenir une véritable force de frappe au service de Gérard Dalongeville... mais aussi signer l'arrêt de Daniel Duquenne et sa section d'empêcheurs de tourner en rond...

 

29 Il fallait s'y attendre... En ces premiers jours de janvier 2006, il est arrivé le temps de l'adoubement. Après un premier pas, hautement symbolique, effectué par Daniel Percheron un an plus tôt. C'est désormais Jean-Pierre Kucheida qui vient faire la promotion de son ami Gérard lors de la première cérémonie de voeux municipaux organisée à l'espace Mitterrand.

Un ami, un vrai que le maire de Liévin, qui sut donner gîte et couvert au jeune Gérard lorsqu'il quitta le giron darchicourtien. Et suit depuis lors pas à pas la montée en puissance du maire d'Hénin-Beaumont...

Il faut dire que, quelques mois après la naissance de l'association « Le poing et la rose », l'élu se targue d'avoir déjà recueilli plus de 500 adhésions. Autant de militants prêts à revenir au sein de la famille PS lorsque le fils prodigue Dalongeville y aura à nouveau officiellement droit de cité. Et que l'épisode Duquenne ne sera qu'une péripétie historique.

En attendant cet hypothétique jour de gloire, la venue de l'un des deux patrons officieux de la « fédé 62 » PS à Hénin n'en fait pas moins se gausser certains ennemis de « Monsieur Gérard », estimant que, pour quelqu'un qui affirme avoir énormément d'amitiés au sein du PS, bien peu de pointures nationales du parti se risquent jusqu'à Hénin-Beaumont. Un argument qui fait se gondoler le pugnace barbu jouant alors des mécaniques pour expliquer que, justement, la semaine passée, il a déjeuné avec François Hollande : « On a beaucoup discuté de choses et d'autres et il m'a personnellement adressé ses meilleurs voeux pour 2006 ! » Et toc ! Un excès de forfanterie qui fera sortir de puissants jets de vapeur des oreilles de Daniel Duquenne, las de ces effets de bateleur qui, jour après jour, rognent insidieusement son espace vital.

Mais la forfanterie trouve ses limites lorsqu'elle est confrontée à la réalité. Ainsi, à quelques jours du déballage du grand tapis rouge pour l'invité d'honneur liévinois, c'est un gros coup de massue qui vient enfoncer les illusions héninoises. Alors que, depuis quelques mois, Gérard Dalongeville faisait l'article de son audacieux projet ANRU devant refaçonner le quartier Jean-Macé-Darcy, voila qu'on apprend par la bande que le projet a été retoqué par les services de Jean-Louis Borloo. Une mauvaise nouvelle que le maire d'Hénin s'était bien gardé de diffuser et qui serait sans doute restée un bout de temps confidentielle si son camarade carvinois, Philippe Kemel, n'avait vendu la mèche.

Un gros coup de pompe qui n'empêchera pas l'Héninois, le 29 juillet, de bomber le torse devant son invité d'honneur et d'énumérer longuement les projets communaux. Jusqu'à faire saillir un énorme sourire de la barbe de Jean-Pierre Kucheida, ouvertement venu pour faire l'apologie de son hôte : « Si vous vous êtes déplacés ce matin, c'est pour témoigner l'estime que vous portez à votre maire, qui essaie chaque jour de régler vos problèmes et de placer sa commune en perspective ! » Suit un panégyrique non stop du bon maire d'Hénin, une prose assez croquignolette à relire, six ans plus tard, alors que les deux hommes ont appris le sens du mot désamour. Pour ne pas dire plus. « Moi, je connais Gérard depuis longtemps et je l'ai eu à mes côtés... C'était un collaborateur intelligent, loyal... Vous avez la chance d'avoir chez vous un homme jeune, dynamique, de qualité. Merci de continuer cette bataille que vous avez toujours menée au service de cette ville ! » La campagne des municipales 2008 est déjà sur de bons rails et la petite phrase « Vous avez un bon maire, gardez-le ! » en est déjà la devise. Ah, décidément, qu'il est bon d'avoir de vrais amis !

30 Ambiance studieuse lors d’une visite du sous-préfet, Roger Reuter, en mairie d’Hénin-Beaumont.

Chat noir, deuxième passage... Décidément, quand la poisse vous tombe dessus, il y a de quoi se demander si l'on n'est pas né sous une mauvaise étoile.

Ben oui, quoi, car si ce début d'année 2006 aurait tout pour faire miroiter à Gérard Dalongeville des lendemains qui chantent et où l'on rasera gratis (sans mauvais jeu de mot), voila deux tuiles qui tombent successivement sur les épaules du maire d'Hénin-Beaumont.

Après le camouflet de l'ANRU ayant recalé le dossier bancal de la rénovation de Darcy-Jean-Macé, voila un second rêve, suédois celui-là, qui vire au cauchemar. En effet, contre toute attente, la Commission nationale d'équipement commercial (CNEC), réunie en urgence sur proposition du ministre Renaud Dutreil, décide le 1er février de retoquer le projet Ikea. Alors que la CDEC l'avait déjà béni et virtuellement lancé. Il va donc falloir à Ikea et à la Ville relancer un projet modifié pour être dans les clous, ce qui pourrait faire perdre un an au projet... Et contrarier le plan de marche du maire d'Hénin.

En ce mois de février, pendant ce coup de froid sur les ambitions héninoises, c'est un coup de jeune qui vient booster une section locale du PCF à deux vitesses, entre le scepticisme « soft » de Marie-Serge Opigez et le soutien indéfectible à Dalongeville de Jean-Bernard Deshayes et Guy Creuze. C'est le jeune David Noël qui prend désormais en mains la section, lui qui venait tout juste de sortir de l'anonymat en animant les Jeudis de la citoyenneté de l'Espace Lumière. Le jeune secrétaire de section mettra dès le début les points sur les « i » en prenant ses distances avec Gérard Dalongeville... Ce qui ne sera pas toujours simple ! La conséquence de cette reprise en mains ne se fera pas attendre puisque, un mois plus tard, Jean-Bernard Deshayes, dans une situation intenable, claque la porte de la section PCF héninoise.

Pendant ce temps-là, Daniel Duquenne ne lâche rien, ayant toujours au travers de la gorge la « tartarinade » dalongevilienne au sein de laquelle le maire d'Hénin expliquait avoir déjeuné avec François Hollande. Déterminé à avoir le fin mot de cette histoire, le secrétaire de section PS se décide à écrire à son « premier » national pour en savoir plus sur ce fameux repas. Ouf, la réponse du « patron » sera à la hauteur des attentes de Daniel Duquenne puisque François Hollande raillera la prétention du maire d'Hénin en expliquant : « Cher Daniel, mieux vaut en effet utiliser l'humour pour décrire les relations entre le PS et Gérard Dalongeville ... » Le fameux repas ? Un banquet de la fédération des élus socialistes et républicains où le maire d'Hénin était invité en tant qu'élu Républicain. « La civilité ne se confond pas avec l'adhésion au PS», conclura François Hollande pour le plus grand bonheur du secrétaire PS héninois. Une missive en trompe l'oeil puisque, pendant que le grand patron de la roseraie rassure Daniel Duquenne, son secrétaire fédéral, dans le Pas-de-Calais, lui scelle un sort funeste. Après négociations avec les éminents exclus du PRG départemental que sont Jean-Marc Bouche, Olivier Vergnaud, Jean-Marie Calero et Jean-Pierre Chruszez, Serge Janquin officialise, dans le giron du PS 62, la création d'une section radicale-socialiste... à vocation départementale. Ce qui ne sera qu'un leurre puisque, la centaine de cartés de la section au moment de sa création étaient majoritairement héninois.

Une section portée sur les fonts baptismaux héninois le 10 mai 2006 lors d'une fête homérique au Cèdre bleu, en compagnie des sociétaires du « Poing et la rose ». Une présentation quelque peu schizophrénique puisque, en fait, les nouveaux radicaux-socialistes sont également militants du « Poing »... C'est encore loin les municipales !

12 ans de descente en enfer

09/10/2012 23:15 par caton

  • 12 ans de descente en enfer

    12 ans de descente en enfer

    09/10/2012 23:15 par caton

16 C'est reparti pour la suite du décodage des années de braise héninoises. Nous avions laissé Gérard Dalongeville avec une méga-patate chaude en mains, nommée rapport de la chambre régionale des comptes. Un constat sans concessions des magistrats financiers mettant la Ville devant ses affres et un monstre créé pendant les trois premières années du mandat Dalongeville... à savoir un déficit de 12 M € ! Et ce ne sera malheureusement pas le dernier...

Pour Noël 2003, la dinde se prépare sauce aigre-douce à Hénin-Beaumont, où le conseil municipal qui se tient quelques jours avant les fêtes doit permettre à Gérard Dalongeville de faire passer la plus grosse pilule qu'il ait eu, jusqu'alors, à faire avaler aux Héninois. Le rapport de la CRC tant attendu pointe en effet 12M € de déficit sans que, pour autant, le maire d'Hénin-Beaumont ne plaide coupable. Avec la désinvolture qui lui sied si bien, l'homme la joue même hyper-décontractée en évoquant «une occasion unique de remettre les choses à plat », ironisant même en expliquant que son prédécesseur, Pierre Darchicourt « a encore des surprises à attendre ».

Offrant un plat qu'il servira à nouveau généreusement, des années plus tard, devant juge d'instruction et juges financiers, le maire mettra bien évidemment la situation financière catastrophique de la ville sur le compte de son prédécesseur : «J'ai sans doute été trop gentil en arrivant aux affaires !», avance-t-il alors dans une incroyable plaidoirie non-coupable, stigmatisant «les pratiques d'une autre époque concernant les marchés publics» - de quoi laisser sans voix lorsqu'on additionne les marchés frauduleux que compileront les enquêteurs de l'affaire héninoise quelque cinq ans plus tard - et rappelant le nombre impressionnant de fournisseurs de l'ère Darchicourt qui n'avaient pas été payés à son arrivée en mairie (en 2009, ses successeurs en trouveront bien plus sur leur chemin !). Alors que l'on subodore que la facture devrait être salée pour le contribuable héninois (le maire laisse alors entendre vouloir rembourser 4 M € par an), la Ville s'apprête à accueillir un nouveau directeur général des services. Et, alors que Gérard Dalongeville explique ne pas comprendre que personne ne postule à la succession de Richard Gonzales (en fait, les candidatures étaient alors mises à l'écart par le maire lui-même, histoire de conserver le contrôle du jeu), c'est un cadre du privé qui arrive en mairie pour faire office de DGS.

Quoi de plus normal que de faire gérer des procédures administratives complexes lorsqu'on a le gendarme financier sur les reins par quelqu'un qui ne connaît que le monde du privé!

La seconde mort de Darchicourt

Et du côté PS ? On imagine voir le groupe municipal tirer à boulets rouges sur l'incurie dalongevilienne. Il n'en est rien... En effet, en cette fin 2003, après le geste apprécié de la fusion de la SAEMIC dans Artois Développement, Gérard Dalongeville n'a plus rien d'un ennemi irréductible du côté des instances PS. Et Daniel Percheron, en excluant Pierre Darchicourt de la liste régionale PS de 2004, en donnera la meilleure des preuves.

Paradoxale situation alors que Dalongeville est fragilisé comme jamais par le rapport de la CRC... Et pourtant, Jean-Luc Lottegier est alors chargé par la fédération de jouer l'interface entre la fédé PS et le plus si vilain Gérard Dalongeville. D'où une foutue pagaille le soir du conseil municipal dédié à la CRC où, alors que les Verts vilipendent la gestion Dalongeville, tout comme la socialiste Christine Coget, le duo Lottegier-Flament est, lui, tout en modération, freinant des quatre fers pour ne pas employer de mots blessants : « Ce fut le début d'une période difficile à vivre car, à la fédération, on m'avait alors carrément demandé de me rapprocher de Gérard Dalongeville. Ce que j'ai fait. Et, très vite, celui-ci me fera la proposition de devenir adjoint, ce que j'ai toujours refusé... Il y a eu alors dans la foulée une grande discorde, avec Daniel Duquenne, que je regrette aujourd'hui. Tout ça a commencé lorsque Daniel s'est rapproché de Georges Bouquillon, qui voulait absolument régler ses comptes avec Dalongeville et tout est alors parti en vrille ! » Daniel Duquenne paiera d'ailleurs très vite « cash » son opposition forcenée.

17  La machine est lancée... En proie à ses premiers déboires financiers (et de taille puisque la Ville doit faire face à 12 M € de déficit pointés par la CRC), Gérard Dalongeville a d'ores et déjà reçu les assurances que le PS serait (sans tambours ni trompettes) à ses côtés dans cette épreuve. Et qu'il n'était plus question de lui mettre des bâtons dans les roues. En échange, dès qu'il peut le placer, le maire d'Hénin-Beaumont fait savoir qu'il soutient la liste que mènera Daniel Percheron aux Régionales (avec d'autant plus d'enthousiasme que Pierre Darchicourt en a été exclu) et que, localement, il souhaite la réélection de Jean-Marie Picque sur le canton d'Hénin-Montigny. Du donnant-donnant !

Tout serait simple s'il ne restait à Hénin un pôle de résistance au retour au bercail de l'enfant (très) prodigue. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de Daniel Duquenne, le secrétaire de section PS héninois, qui prend carrément le contre-pied de la volonté fédérale en proposant, dès le début 2004, que sa section désigne celui qui sera la tête de liste PS pour les municipales alors fixées en 2007. Un candidat qui serait bien évidemment... Daniel Duquenne.

L'ancien DGS héninois ne s'attendait pas à recevoir, en retour, une telle volée de bois vert de la part de ses instances. À commencer par le Premier fédéral, Serge Janquin, qui le semonce rudement, lui reprochant notamment de bafouer les statuts. La seconde couche est passée par un Albert Facon furibard, semonçant Daniel Duquenne pour cette initiative solitaire jugée comme malheureuse... et un trop-plein d'ambitions personnelles. « Au regard d'une municipalité au bord du gouffre, il serait pour le moins irresponsable, voire suicidaire, d'attendre encore trois ans les prochaines échéances municipales les bras croisés ! » se défendra le secrétaire de section, ne comprenant pas que le ciel lui tombe ainsi sur la tête. Il ne sait pas alors que les ennuis ne font que commencer pour lui... Après avoir, au cours de cette année 2003, repoussé la menace Annick Genty (encouragée par Pierre Darchicourt à conquérir la section PS) puis celle de François Théret, pilotée par Albert Facon, Daniel Duquenne aura désormais à faire constamment face à un appareil fédéral agacé par le côté irréductiblement anti-Dalongeville du socialiste héninois.

PAS DE CEREMONIES DE VOEUX!

Pendant ce temps, Gérard Dalongeville ne se sort finalement pas trop mal de la mise sous surveillance préfectorale des finances municipales. Car le marasme financier de la ville passe, en ce début d'année, au second plan de l'actualité. Une vague pernicieuse de légionellose touche Hénin-Beaumont et les communes alentours depuis un mois avec une inquiétante série de décès à la clé. Une cellule de veille a été ouverte permettant à Gérard Dalongeville de redorer médiatiquement son blason. Le maire d'Hénin jouera également sur le tableau social en pourfendant les mauvaises pratiques de gestion ayant mené à l'incroyable naufrage de la STPM, entreprise de travaux publics jusqu'alors considérée comme l'un des fleurons héninois. Jamais à terre l'animal politique !

Un marasme social additionné à une catastrophe sanitaire qui poussent le maire d'Hénin-Beaumont à carrément annuler sa cérémonie de voeux. Un rendez-vous alors jugé de tous les dangers puisque du côté de la population, on a bien compris que le plan de redressement des finances municipales, dicté par la CRC, et imposant à la Ville de dégager, pendant trois exercices, au minimum 4M € par an, fera mal, et même très mal, au porte-monnaie. Annuler la cérémonie de voeux est donc une manière détournée de s'éviter bien des ennuis !

 

18 Mars est le mois de tous les dangers pour l'équipe Dalongeville puisque le vote du budget primitif mettra concrètement en branle le plan de redressement des finances municipales. Et les Héninois sauront enfin à quelle sauce financière ils seront mangés !

En attendant cette réunion fatidique, une nouvelle bruisse à travers la ville: le Cèdre bleu serait racheté par la Ville!Cette ancienne institution locale battait de l'aile depuis quelques années et ses propriétaires avaient fini par se résoudre à le céder à un propriétaire immobilier.

C'est là que la Ville intervient via son droit de préemption pour, le 16 février, conclure en toute discrétion l'achat du site, chez un notaire carvinois.«Il faut que le Cèdre bleu redevienne un restaurant de standing, il n'y en a plus dans le secteur ! » explique Gérard Dalongeville, laissant entendre que l'établissement serait en location-gérance. Que, la rumeur aidant, les amateurs se bousculaient déjà au portillon... et que les gros travaux à effectuer dans les salles «seraient financés par le futur locataire des lieux ».

In fine, c'est Jean-Marc Bouche, un chef d'entreprise de Sallaumines dont la société Deberdt travaille avec de nombreuses collectivités locales, dont la Ville d'Hénin, qui décrochera le pompon. Quant aux travaux d'aménagement et de mise en conformité, c'est bien la Ville qui les acquittera... De même que la vaisselle et le mobilier, acquis à Deberdt, en juin 2004, pour plus de 90 000€. Une facture curieusement annulée le lendemain pour laisser place à un avoir, le matériel se retrouvant alors entre les mains de la société VAJ créée par M. Bouche pour la gestion du Cèdre bleu pour équiper les lieux ! À compter de ce jour, M. Bouche, par ailleurs membre éminent du PRG au côté de MM.Calero, Chruszez et Vergnaut, deviendra un partenaire incontournable de la Ville. Et même de l'arrondissement après les élections consulaires de novembre 2004. On y reviendra...

Si les Héninois pourront bientôt se restaurer à nouveau au Cèdre bleu, ils savent depuis le 25 mars qu'ils vont trinquer. Et sévèrement. Car, lors de la présentation du budget primitif 2004, c'est une augmentation de 85 % de la taxe d'habitation qui a été entérinée (la taxe foncière gagnant elle 15 %) permettant, grâce à la contribution généreuse des Héninois, un gain de 3,2M € sur les 4 M € d 'économie préconisées par la CRC ! Pourquoi se fatiguer à économiser sur le train de vie de la municipalité ou sur les frais pharaoniques de communication induits par le contrat passé avec le Journal du pays dans de telles conditions... Quelques semaines auparavant, la main sur le coeur, le maire expliquait « ne toucher au levier fiscal qu'en dernier ressort », il a finalement pris une décision lourde de conséquences. Tout en rappelant, comme pour se dédouaner de son initiative, qu'« il n'y avait pas d'autre solution pour rembourser une dette qui n'est même pas la mienne mais que je mettrai un point d'honneur à apurer sur trois ans ! »

19 Dire que le choc fut rude à encaisser n'est pas peu dire... Les 85 % d'augmentation de la taxe d'habitation décidés « à la hussarde » par l'équipe Dalongeville auront du mal à passer dans les rangs de l'opposition.

Même du côté du tandem socialiste Lottegier-Flament, plutôt compréhensif, le bémol est de mise, et l'on met en exèrgue une fuite en avant de l'imposition locale « qui va mettre en difficulté de paiement nombre de foyers héninois».

Quant à Georges Bouquillon, l'adjoint sans délégation enjoint le groupe communiste, avec lequel il avait fait équipe en 2001 de ne pas cautionner cette augmentation démesurée. Las, tout au contraire, Jean-Bernard Deshayes assumera alors le choix de Gérard Dalongeville, jugé inéluctable, rappelant qu'il «serait impensable de rendre moins de services à la population».

Quelques jours plus tard, lors des élections cantonales, Jean-Marie Picque, même s'il préservera son siège de conseiller général, ne retrouvera pas le compte des voix attendu à Hénin. L'effet 85 %, sans doute! Car l'image de Gérard Dalongeville est de plus en plus liée à celle du PS, comme en atteste la campagne régionale-cantonale qui voit le rabibochage d'Albert Facon et du maire d'Hénin, laissant derrière eux une magnifique collection de noms d'oiseaux échangés pendant 3 ans. L'Héninois est même invité à Oignies (« à l'invitation d'Albert » confie-t-il alors) lors du meeting de Pierre Mauroy. Un maire d'Hénin qui fait avec beaucoup de zèle la campagne de Daniel Percheron... Le PS et Dalongeville devenus amis-amis ? Oui, mais pas pour tous les socialistes puisqu'en avril est lancée, à l'initiative de Daniel Duquenne et Christine Coget, une pétition pour dénoncer ce « +85 %, record de France de l'augmentation des impôts locaux ». La décision du maire d'Hénin est alors tout simplement présentée comme un « racket ».

Une initiative des socialistes héninois qui fait hurler en haut lieu, rendant irrémédiable le départ de Jean-Luc Lottegier et Guy Flament du groupe municipal PS-Verts résolument bien trop anti-Dalongevillien pour faire bande à part et entamer, expliquent-ils alors, un travail constructif. Le début d'une nouvelle vie pour le duo socialiste : « Ne cautionnant plus les initiatives de Daniel Duquenne, Guy et moi nous sentions déjà isolés depuis quelque temps... Alors, de manière constructive, nous avons commencé à travailler, non pas avec les élus majoritaires, mais avec les administratifs de l'équipe Dalongeville. Mais bien sûr, on ne nous disait alors que ce qu'on voulait bien nous dire, ça c'est clair ! , rappelle Jean-Luc Lottegier.

Les budgets en eux-mêmes, tels qu'ils nous étaient présentés, paraissaient corrects. Hormis quelques postes qui dérapaient, comme côté personnel.

Ce qui était clair, en tout cas, c'est que cette équipe était alors bel et bien soutenue par le PS ! » Un début de collaboration qui se fera dans la douleur puisqu'en mai, même si Gérard Dalongeville le niera longtemps jusqu'à ce que le pot aux roses soit découvert, le préfet, sur proposition de la CRC, retoque le BP 2004 héninois, jugé non équilibré, force recettes surestimées (et notamment un certain nombre de cessions de terrains... alors que le nouveau PLU n'était toujours pas adopté) et faute de transmission d'un certain nombre « de documents attestant de la sincérité des écritures reprises... » En un mois de temps, il faudra donc rebudgéter en bonne et due forme. C'est la première fois mais ce ne sera pas la dernière... Et puis, surtout, il ne faut pas oublier de régler ses factures pour ne pas revivre le calamiteux jour de mai qui vit l'hôtel de ville injoignable... France Télécom ayant ce jour-là suspendu les lignes de l'hôtel de ville pour non-paiement de factures.

La faute à qui ? À Darchicourt, pardi, affirmera Gérard Dalongeville en révélant que de grosses factures de réseau toujours impayées remontaient à 1997-2000.

Ah, là là, cet héritage!

 

20 Du baume au coeur pour un Gérard Dalongeville secoué comme un cocotier, dans les mois suivant la hausse de la TH de 85 %... En ces premiers jours de juillet 2004, c'est Daniel Percheron  en personne qui vient inaugurer les nouveaux équipements du stade Delabre : nouvelle tribune, club house flambant neuf... Tout cela en présence des entreprises et fournisseurs ayant obtenu ce marché, dont un Jean-Marc Bouche légitimement aux anges.

Une visite du président de Région - et de celui qui, officieusement, fait la pluie et le beau temps au sein du PS62 - qui est forte en symbole pour Gérard Dalongeville. On en aura la preuve quelques semaines plus tard.

Au sortir de la torpeur estivale, la section socialiste héninoise, avec à sa tête un Daniel Duquenne toujours aussi irréductible dans son action « anti-Dalongevilienne », prépare un tract de rentrée pour les traditionnelles puces du centre ville. Un « quatre-pages » qui, fort logiquement au vu de l'actualité brûlante de la commune, condamne fermement l'augmentation de 85 % de la taxe d'habitation décidée en mars par Gérard Dalongeville. Un tract que, comme d'habitude, le secrétaire de section va porter à l'imprimerie ad hoc après la traditionnelle imprimatur fédérale... Sauf que, cette fois-ci, Serge Janquin mettra son veto. De tract il n'y aura donc pas...

Cris d'orfraie

Bien évidemment, du côté de l'équipe Duquenne, la pilule passe mal, les Héninois poussant des cris d'orfraie face à cet oukase fédéral. À force de parlementer, la « fédé » finira par faire marche arrière et donner son feu vert... pour l'impression d'un document nettement édulcoré et ayant perdu tout son caractère percutant.

Un sévère camouflet qui ne sera pas sans conséquences puisque, fin septembre, Christine Coget, lasse du double jeu du PS, démissionne du parti. « Le PS, j'y ai assumé mon rôle pendant deux ans et vous ne pouvez pas imaginer le nombre de fois où on m'aura "baladée", nous expliquait-elle alors. Aujourd'hui, si je quitte le PS, c'est pour retrouver ma liberté d'expression et ma crédibilité envers les Héninois qui, aujourd'hui, ne comprennent plus grand-chose aux tergiversations socialistes ... » Avec le départ de Christine Coget, Daniel Duquenne perd sa dernière alliée au sein du conseil municipal, le duo Lottegier-Flament symbolisant désormais la ligne fédérale de la main tendue.

Sa sortie de l'appareil sera rapidement associée à un événement qui, huit ans après, a laissé des traces indélébiles dans la mémoire héninoise. Faisant désormais cause commune avec un autre démissionnaire du PS, Thierry Deneuville, Christine Coget sera l'une des instigatrices (au côté d'un mystérieux comité des contribuables héninois) de l'appel à manifester contre la hausse des impôts locaux, le 16 octobre, en centre ville de la commune.

Comme un défi à la gestion dalongelivilienne qui rassemblera quelque six cents Héninois en colère, dans un climat d'apolitisme qui sera grosso modo respecté.

Une horde en colère qui n'hésitera pas à faire halte sous les fenêtres du domicile du maire pour le conspuer généreusement. « Dalongeville, t'es foutu, les Héninois sont dans la rue ! » était au côté des « Dalongeville, démission ! » en tête du best of de cette « manif ».

Une Christine Coget, désormais résolue à jouer un rôle moteur hors d'un PS trop ambigu et d'un Daniel Duquenne fragilisé, qui compte bien demander audience au préfet afin que la dette héninoise soit étalée sur six ans. Elle n'imagine pas alors que Dalongeville, faisant fi de la détresse financière de certains contribuables, est déjà en train de passer la surmultipliée pour régler son ardoise avant les trois ans fixés par la CRC !

12 ans de descente en enfer

09/10/2012 01:44 par caton

  • 12 ans de descente en enfer

    12 ans de descente en enfer

    09/10/2012 01:44 par caton

11 Lors de la rentrée 2002, peu avant les traditionnels chantiers du PS de Wingles, Serge Janquin brosse l'actualité socialiste dans le Pas-de-Calais.

Et ne peut manquer d'évoquer ce furoncle dans le pied du parti qu'est Hénin-Beaumont. Pour le vilain Gérard, pas question de pardon : « Il nous a traînés dans la boue, a cherché à nous salir. Dans son cas, il ne pourrait y avoir de pardon que s'il était accordé par l'ensemble de la fédération. Moi, je ne suis pas le pape, ce n'est pas à moi de l'absoudre ! »

Quant à la section héninoise, le patron fédéral explique opter « pour un renouvellement le plus large possible » et « une nouvelle équipe à même de réduire à néant les problèmes du passé »...Refusant de trancher dans le conflit né entre Pierre Darchicourt et Daniel Duquenne, dans le cadre duquel « il faut dépassionner tout ça », M. Janquin expédie d'un revers de manche le cas Rudi-Albert, attendant « qu'ils fassent un effort dans la bonne direction ».

Quant à l'option Samadi évoquée dans la torpeur de l'été, le numéro un fédéral juge que ce serait une option de grande qualité « même si elle est un peu remuante».

L'est-elle vraiment ? On ne le saura jamais puisque Nathalie Samadi ne déposera jamais ses valises à Hénin, adhérant finalement à Lille-Wazemmes.

Du côté de la section héninoise, une fois les chantiers du PS passés, au cours desquels le Premier secrétaire, François Hollande, expliquera que, pour les Chevènementistes « ayant eu des comportements arrogants et des paroles blessantes, il n'est pas question d'une amnistie mais il peut toujours y avoir repentance. Ensuite, on verra bien... » Pour ce qui est de la repentance dalongevilienne, il faudra encore attendre une petite année et le spectaculaire acte d'allégeance que sera la fusion de la SAEMIC dans Artois Développement. On y reviendra, bien évidemment...

Albert Facon avance ses pions

Pendant que, dans l'ombre, Gérard Dalongeville continue ses manoeuvres souterraines, au siège du PS héninois, on s'efforce de recoller les morceaux et d'apaiser les tensions. Alors qu'à droite et à gauche, Pierre Darchicourt laisse entendre qu'il serait au rendez-vous des municipales de 2007 (la date initialement fixée pour ce rendez-vous électoral), Daniel Duquenne se fait légitimer par les siens, demandant un vote de confiance aux membres de sa commission administrative qui, unanimement, se rangent derrière lui.

Mais l'Héninois sent désormais un souffle lui parcourir l'échine à travers les velléités d'un nouvel adhérent à la section. Et pas n'importe lequel puisqu'il s'agit de François Théret, alors directeur de cabinet d'Albert Facon... et donc habilement placé par ce dernier dans le fol espoir de contrôler une section jusqu'alors... incontrôlable.

Pendant ce temps-là, à la mairie, le sol semble se dérober sous les pieds de Gérard Dalongeville qui connaît ses premières grosses difficultés internes alors que le sous-préfet vient de mettre en demeure la Ville de diminuer un déficit déjà excessif omettant, pour une raison qui reste aujourd'hui encore à déterminer, de saisir dès cette année-là la chambre régionale des comptes.

Dans ce contexte, le budget 2002 fut des plus ardus à boucler, la Ville devant demander un délai au préfet. Parmi les élus majoritaires, l'adhésion n'est plus totale à la politique infléchie par le maire et, dans les colonnes de notre journal, certains laissent déjà transparaître des états d'âme qui mèneront au clash du 1er décembre 2002, lorsqu'une réunion tournera au vinaigre dans le bureau de Gérard Dalongeville, provoquant le départ furibard de Georges Bouquillon, l'adjoint, devenu dans la minute même opposant, étant rejoint par les Verts Jean-Marc Bureau, Guy Haudrechy et Marie-Claude Duchateau, mais aussi par l'adjoint communiste, Jean-Bernard Deshayes... Lequel, le lendemain même, sera convaincu par Dalongeville de rentrer dans le rang.

12 Dans les premiers jours de 2003, les murs de l'hôtel de ville vibrent des accès de colère de Gérard Dalongeville, sentant que son système commence à prendre l'eau...

Après le départ de Georges Bouquillon, les Verts, alliés historiques de Dalongeville, entrent eux aussi en dissidence alors que les élus PCF, moins spontanés, confient juste leur souci de vigilance, se refusant à franchir le pas... ce qui sauvera alors peut-être la mise du maire. En effet, la majorité est prête à imploser et, déjà, on évoque le spectre de municipales avancées en cas de démissions en bloc. Rusé comme pas un, Dalongeville évitera le pire en retournant comme une crêpe deux élus Verts pour les ramener dans son giron.

Côté sérénité, l'année ne peut pas commencer pire pour Gérard Dalongeville puisqu'un commandement à exécuter de la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a, en fin d'année 2002, permis à Steeve Briois d'avoir accès à certaines factures du service communication. Et l'on se rend alors compte que les errements qui seront dénoncés par la justice en 2009 étaient déjà monnaie courante avec la constatation de mandatements curieusement antidatés par rapports aux factures s'y rapportant, un mystérieux conseiller en communication payé au prix fort ou le bon de commande d'une mascotte commandée pour plus de 28 0000 E HT... et dont on ne trouvera jamais trace. Des incohérences que Claude Chopin, adjoint aux finances, balaie alors d'un revers de manche : « On s'est juste trompés de tampons sur certains documents mais l'important est que ce ne soient pas ceux-là qui soient retenus pour le compte administratif ! » Quant à l'histoire de la mascotte ? Sourire en retour de l'élu : « Ah, la communication étant l'apanage du maire... » Et comme, depuis l'affaire Babou, Gérard Dalongeville, boudeur magnifique, se refuse à parler à la presse locale... En tout cas, cette accumulation d'incohérences pousse déjà l'élu FN à interpeller la Brigade financière... mais aussi la Chambre régionale des comptes ! Qui aura bientôt du grain à moudre avec le cas héninois.

Du coup, c'est alors Bonanza pour le PS, qui voit son ennemi juré en grande difficulté et se retrouve un peu moins seul côté opposition en mettant en place un front commun avec les Verts et Georges Bouquillon. Autocrate, aventurier, populiste: du côté des Verts, les mots ne sont pas trop forts pour alors dénoncer celui qui, un an et demi auparavant, était le candidat providentiel. Et de dénoncer l'avalanche des dépenses de complaisance et le « melon » d'un maire pour lequel seule son image compte. «Si vous rencontrez Gérard Dalongeville dans la rue, demandez-lui de démissionner ou écrivez-lui à l'hôtel de ville. Si on continue comme ça, le préfet nous mettra très vite sous tutelle et on se retrouvera dirigés par la chambre régionale des comptes!» explique très lucidement M. Bureau.

Le séisme est attendu de manière imminente, sauf que c'en est un autre, socialement ravageur, qui va monopoliser les feux de l'actualité en ce début 2003, à savoir le lâchage de Metaleurop. Et de ses 830 emplois sacrifiés par ceux que, quelques mois plus tard, Jacques Chirac appellera des «patrons voyous».

Solidaire en diable avec les métallos, dont le porte-parole est d'ailleurs Héninois, Gérard Dalongeville réussit alors à gagner du temps en se positionnant à la pointe d'un combat politique où c'est pourtant son camarade, Albert Facon, qui gagnera ses lettres de noblesse. Une solidarité qu'il exprimera lors des voeux municipaux, auprès de l'invité d'honneur, Gervais Martel, dont il aura la malicieuse outrecuidance de piquer la devise en ouverture de cérémonie: «Y a rien qui va mal!» Puisqu'il le dit...

13 Alors que, en ce début 2003, le PS trouve des alliés providentiels dans sa stratégie d'opposition à travers Georges Bouquillon et le groupe des Verts, voilà qu'un grain de sable vient déjà gripper la belle machine collective.

Et pas n'importe quel grain de sable puisqu'il s'agit de Pierre Darchicourt, plus revanchard que jamais, et qui ne supporte guère que les siens s'acoquinent avec ce Georges Bouquillon qui le trahit en 2001. L'ancien maire émet ainsi des doutes quant à la capacité soudaine de «vierge effarouchée » de celui qui, précédemment, aura « voté les créations en mairie de postes supplémentaires... dans une allégresse générale stupéfiante!» Et de s'étonner : « Qui a-t-on alors entendu protester ?»

Des états d'âme bien embarrassants pour Daniel Duquenne, en pleine stratégie d'union, mais qui n'empêchent pas le groupe « Une nouvelle gauche pour Hénin-Beaumont » de voir le jour, coprésidé par Jean-Marc Bureau et Christine Coget... Un mariage que Pierre Darchicourt voit d'un très, très mauvais oeil, reprochant aux Verts, tout comme il l'avait fait précédemment, «leurs compromissions d'hier». Et de rappeler qu'«on ne peut pas rayer d'un trait de plume certaines déclarations à notre (ndlr : comprendre à mon) égard ». En gros, alors que Daniel Duquenne cherche à élargir le cercle des anti-Dalongeville, Pierre Darchicourt prône, quant à lui, le repli du PS sur lui-même, tactique qui l'isole chaque jour un peu plus du quotidien de la vie politique héninoise.

Un coup de griffe qui ne perturbe pas plus que ça la cérémonie de mariage, Daniel Duquenne, Christine Coget et, même, Jean-Luc Lottegier expliquant alors que Pierre Darchicourt n'est plus aujourd'hui qu'un militant comme les autres. Ce que Daniel Percheron confirmera quelques mois plus tard en ne prenant guère de gants pour faire «sauter» de la liste PS celui qui était jusqu'alors un de ses vice-présidents à la Région.

Mesure de rétorsion immédiate, dans la course au renouvellement du secrétaire de la section PS héninoise, prévu à la fin du mois de mai, Pierre Darchicourt jouant une carte féminine en s'alliant avec Annick Genty, qui a l'oreille de la fédération, tandis que Daniel Duquenne forme un ticket inédit avec Christine Coget... et se retrouve supporté par le clan Facon, dont le tout nouveau camarade héninois François Théret, mais aussi quelques cadres tels que Christian Parsy ou Yvelise Dufresnes.

Le jour J, il n'y aura pas photo entre le secrétaire sortant et la candidate chère à Pierre Darchicourt, Daniel Duquenne préservant son mandat avec 61 voix sur 85 suffrages exprimés (on notera au passage la chute vertigineuse du militantisme PS héninois).

Une challenger qui prend sa défaite avec le sourire rappelant juste combien elle espére désormais qu'on en finisse avec les querelles de personnes : « Parfois, j'ai l'impression de me retrouver dans une cour d'école maternelle. J'ai un but et nous l'avons tous : rendre la mairie d'Hénin-Beaumont au PS !» Si tout sourit pour Daniel Duquenne, il n'en va pas de même pour son désormais allié, Georges Bouquillon. Qui espérait, après son passage dans l'opposition, entraîner la section MRC dans cette logique. Sauf que les logiques d'appareil seront, fin avril, venues dynamiter l'espoir de l'adjoint désormais sans délégation. En avril, ses amis sont sans pitié avec lui, propulsant de manière surprenante Richard Gonzales à la tête de la section héninoise, au côté de Jean-Pierre Policante et Danièle Filipowicz. Mission du nouvel animateur avant les Régionales approchant : « Être constructif, rassembler les forces de gauche et favoriser les rapprochements entre les hommes ». Curieuse nature humaine qui veut que celui qui, quelques mois auparavant, fut humilié par Gérard Dalongeville, joue désormais les entremetteurs auprès d'un Gérard Dalongeville qui, depuis l'échec des législatives, ignore superbement ses amis MRC d'hier...»

14 Décidément, il faut les suivre, tous les deux dans leurs numéros d’amour-désamour… On aurait pu croire que les rayons de soleil estivaux de cet été 2003 auraient estompé les querelles internes entre Daniel Duquenne et Pierre Darchicourt. Que nenni ! Quelques semaines après la brillante réélection de M. Duquenne, son ancien mentor ne se gêne pas pour critiquer la direction prise par ce dernier, jugeant que le secrétaire de section avait « un fonctionnement un rien autocratique » et que la section « n’était pas ouverte au débat ». Des reproches qui ont le don d’agacer au plus haut point Daniel Duquenne démontant point par point les reproches de l’ancien maire et expliquant combien, au contraire, il avait tenu à « rompre avec les pratiques du passé en favorisant la démocratie et la concertation ». Finalement, pas besoin des coups de boutoir de Micheline Rudi et René Albert (qui, à cette époque-là, ont déjà déposé les armes) pour semer la zizanie au sein d’une section toujours sur des charbons ardents. Et, pourtant, en cet été 2003, elle aurait tout pour voir la vie en rose, Gérard Dalongeville perdant de plus en plus de sa superbe. Même si l’information ne transparaît pas trop, le déficit héninois s’accentuant mois après mois a fini par enfin pousser le préfet à saisir la Chambre régionale des comptes. Qui, dès septembre, va procéder à de premières investigations dont on ne sait pas encore qu’elles seront au long cours. Premières mesures drastiques que celles touchant le cabinet majoral, la régie de dépenses du maire étant bloquée et la carte bleue du cabinet rendue inutilisable… Une saisine très officielle qui a, apprend-on alors, également été alimentée par des courriers fort motivés envoyés en préfecture. Parmi ceux-ci, quelques missives signées Richard Gonzales au temps de sa disgrâce, expliquant entre autres comment certains emprunts dévolus à l’investissement étaient habilement détournés vers la section de fonctionnement, notamment, pour régler les dépenses de personnel.

Alors que Gérard Dalongeville annonçait que le budget 2003 serait un budget-vérité, à quelques semaines d’avoir à dévoiler le budget supplémentaire, on peut d’ores et déjà pressentir que cette vérité ne sera pas bonne à entendre… Alors que, partout en ville, on s’affole déjà des conséquences de cette saisine de la CRC, Gérard Dalongeville, comme à son habitude, la joue désinvolte et, dans une interview à France 3, avoue « se réjouir de ce partenariat avec la Chambre régionale des comptes». Partenariat ! On croit rêver… Quant à la presse écrite, elle est décrite dans une missive adressée au personnel comme manipulatrice, jouant sur le registre émotionnel à force d’allégations sans fondement. Ben voyons... Lors du vote du budget supplémentaire, dans une ambiance ubuesque, Dalongeville continue de marteler, comme simple réponse aux questions d’une opposition le titillant (avec le premier fait d’armes d’une Christine Coget survoltée ce soir-là), que sa gestion était « sincère, honnête et transparente». Christine Coget qui s’enflamme alors que Jean-Luc Lottegier, lui, reste désormais curieusement en retrait. Il s’en explique aujourd’hui : « Cela devenait très difficile pour moi face aux allégations répétées de Dalongeville qui rappelait encore et encore le déficit du budget de l’équipe précédente.

Alors que, franchement, ce qu’il nous reprochait était explicable et absolument sincère. D’ailleurs, comptablement, ce budget n’était pas en déficit. Face à ces attaques, je m’étonnais de la passivité de Pierre Darchicourt et de Daniel Duquenne. J’avais beau les remuer en disant, tu as été maire et toi secrétaire de mairie, vous allez réagir quand même. En vain ! Alors, quelque part, Guy Flament et moi on se retrouvait seuls et ça a commencé à nous peser. Jamais Pierre Darchicourt n’a défendu son bilan, jamais, alors qu’il avait de quoi en être fier. Et pourquoi, ça je ne le sais toujours pas ! »

15 Curieux automne 2003 où, alors que la rumeur fait état de rapprochements souterrains entre le PS et Gérard Dalongeville, le maire d'Hénin se complaît à brouiller les pistes.

Ainsi, en cette mi-octobre, le voilà qui convie le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, à passer une matinée à Hénin-Beaumont, ce dernier enquillant pour l'occasion curieusement les cérémonies d'inauguration (un chantier d'insertion, puis... une jardinerie).

Une visite surprenante alors que la campagne pour les élections régionales commence... et que le Bapalmois doit prendre la tête de la liste UMP. Ne sachant pas alors jusqu'où Gérard Dalongeville est capable d'aller, on échafaude donc les plans les plus fous... Oubliant tout simplement la « Guy Mollet connexion », et donc la solide amitié unissant le gérant du Journal du pays et le maire de Bapaume... qui facilitera parfois les choses pour le maire d'Hénin-Beaumont.

Un médiateur de la République quelque peu gêné d'avoir à commenter les déboires budgétaires de son hôte et qui, face aux demandes pressantes de la presse quant à l'intervention de la CRC en mairie d'Hénin, se borne à commenter : « La démarche enclenchée par la CRC est à considérer comme une situation normale... Ce n'est absolument pas à considérer comme une condamnation d'Hénin-Beaumont. Cela permettra de situer totalement les responsabilités ! » Alors, non, bien évidemment non, Gérard Dalongeville ne fomente pas une quelconque union avec l'UMP en ce mois d'octobre. Tout au contraire, même.

On en aura la confirmation le 13 octobre, jour où, symboliquement, le premier magistrat héninois fait un premier acte d'allégeance au parti socialiste en officialisation la fusion-absorption de la SAEMIC, emblématique outil d'aménagement créé par Jacques Piette et dont Pierre Darchicourt fit un véritable symbole de l'indépendance de son territoire.

L'outil, gérant en sus un millier de logements est, au fil des décennies, devenu incontournable dans l'Héninois, le Carvinois disposant quant à lui de sa propre entité, la CARSEM.

Un morcellement de l'aménagement et du développement urbain que l'on ne voit pas d'un très bon oeil à Liévin, siège d'Artois Développement, une SEM ambitionnant déjà de devenir l'opérateur unique du bassin minier (ce qui est aujourd'hui le cas pour la structure devenue Adevia et ayant grandi de manière démesurée en quelques années jusqu'à s'attribuer des compétences parfois en décalage total avec l'objet originel de la SEM).

Une SEM sur laquelle les élus PS règnent sans partage, d'où le caractère éminemment politique de la fusion décidée par Dalongeville et entérinée officiellement en ce 13 octobre par le directeur d'Artois Développement, Bruno Fouquart, et le président d'alors, François Lemaire. Un opérateur unique est donc en train de naître sur le territoire et, à Hénin-Beaumont, c'est la pensée unique socialiste qui fait ainsi son retour par la cave (et 1 098 160€ qui tombent dans l'escarcelle de la Ville). Car alors, le bras de la justice financière va commencer à s'abattre sur la ville: le soutien indéfectible du PS et de ses chefs emblématiques dans le bassin minier, Daniel Percheron et Jean-Pierre Kucheida, seront loin d'être superflus... Ça y est, le retour du fils prodigue est enclenché !

Pascal WALLART

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07/10/2012 01:28 par caton

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Le FN peut nourrir des espoirs pour les municipales de 2014, selon l'Ifop

06/10/2012 14:14 par caton

  • Le FN peut nourrir des espoirs pour les municipales de 2014, selon l'Ifop

    Le FN peut nourrir des espoirs pour les municipales de 2014, selon l'Ifop

    06/10/2012 14:14 par caton

Le FN peut nourrir des espoirs pour les municipales de 2014, selon l'Ifop

Mis à jour le 05.10.12 à 19h38

Le Front national «peut nourrir de bons espoirs» pour les municipales de 2014, selon une étude de l'Ifop publiée ce vendredi s'appuyant sur les résultats enregistrés par ce parti au second tour des législatives, le 17 juin dernier.

«Il n'est pas évident d'extrapoler les résultats des prochaines élections municipales sur la base des législatives car chaque scrutin a sa propre logique et l'équation personnelle des maires sortants modifie souvent les rapports de force électoraux», relativise l'institut. «Néanmoins certaines configurations apparaissent particulièrement favorables au Front National et ses candidats locaux, s'ils parviennent à monter des listes, peuvent nourrir de bons espoirs», ajoute-t-il.

Entre 45% et 49,9% dans 24 communes

L'Ifop répertorie 77 communes de plus de 4.000 habitants dans lesquelles le FN a franchi la barre des 40% le 17 juin. Dans 17 d'entre elles, le parti de Marine Le Pen a même atteint ou dépassé les 50%, comme aux Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône, 72%), Tarascon (Bouches-du-Rhône, 57,4%), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais, 55,1%) ou Cogolin (Var, 52,7%).

Le score se situe entre 45% et 49,9% dans 24 communes et entre 40% et 44,9% dans 36 autres, précise l'Ifop. S'il s'agit en majorité de communes de taille modeste, 13 d'entre elles (Hénin-Beaumont, Istres, Aubagne, Cavaillon, Fréjus, Forbach, Saint-Priest etc...) dépassent les 20.000 habitants. «Leur basculement au Front National pourrait donc constituer un évènement politique d'importance», écrit l'institut.

Présent dans 59 circonscriptions au second tour des législatives, le FN avait dépassé les 40% des voix dans 14 cas. Il avait remporté en tout deux victoires, celles de l'avocat médiatique Gilbert Collard et de la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen. Ces deux victoires avaient eu lieu dans deux des 28 triangulaires. Dans ses 31 duels (9 contre l'UMP, 22 contre la gauche) le FN ne l'a jamais emporté, malgré une progression entre les deux tours, parfois de manière substantielle, surtout face à la gauche.

© 2012 AFP

La grande fumisterie

06/10/2012 02:27 par caton

  • La grande fumisterie

    La grande fumisterie

    06/10/2012 02:27 par caton

Et la grande fumisterie a bien eu lieu. Comme le pointait du doigt DailyNord il y a quelques semaines, les élus socialistes de la région ont oublié les engagements de non-cumul des mandats. Tout le monde a son excuse…

Jean-Pierre Allossery, Rémi Pauvros, Philippe Kemel, Michel Delebarre, Jean-Claude Leroy, Michel Lefait, Dominique Bailly, Thérèse Guilbert, Anne-Lise Dufour-Tonini, Jean-Jacques Cottel, Catherine Génisson, Guy Delcourt, Daniel Percheron, Odette Duriez, René Vandierendonck (*), les Nordistes figurent en bonne place sur la carte publiée par nos confrères de Rue 89. Un Hexagone qui met en évidence les élus du Parti socialiste cumulards qui s’étaient pourtant engagés (enfin, ça, ils l’ont oublié) à démissionner au 30 septembre 2012.

En fait, depuis que le débat s’est enflammé, seuls deux élus régionaux ont sauté le pas : Yves Durand à Lomme et Audrey Linkeheld à Lille (qui doit démissionner lors du Conseil Municipal de ce lundi soir). C’est peu. Mais c’est à l’image de la représentation politique française, note encore Rue 89 qui, depuis sa première carte, n’a enregistré que onze démissions (ils sont encore 223 en France). Quant aux excuses, on en a déjà parlé, mais les rares qui sont venues s’ajouter n’élèvent pas le débat. Philippe Kemel, député-maire de Carvin (et donc de la circonscription comprenant Hénin-Beaumont) pour la route, par exemple ? « Il ne s’estime « pas concerné » puisque susceptible de voir son élection de député invalidée après le recours déposé par son adversaire Marine le Pen« , écrivait Nord Eclair il y a peu…Du pain béni pour le Front National.

(*) Pour Jean-Jacques Cottel, on notera que sa fonction de maire est dévolue à 220 habitants (Beaulencourt). Concernant Thérèse Guilbert, et elle ne se prive pas de le répéter, elle est suppléante de Frédéric Cuvillier, qui peut revenir très vite en cas de remaniement ministériel.

Mise à jour ce lundi à 18h : Un collaborateur de Philippe Kemel nous fait savoir via Twitter que « Philippe Kemel quittera bien la vice-présidence de région une fois la décision du recours connue. L’engagement sera tenu. ». Reste le poste de maire…

Source : DailyNord

12 ans de descente en enfer (2)

06/10/2012 02:12 par caton

  • 12 ans de descente en enfer (2)

    12 ans de descente en enfer (2)

    06/10/2012 02:12 par caton

6  2002 à peine commencée et, déjà, une nouvelle échéance politique se fait. Double même puisque le premier semestre verra se succéder présidentielles et législatives… Des législatives pour lesquelles Albert Facon, patron du PS dans la circonscription, entend bien réaffirmer son leadership… et gérer au mieux le cas Dalongeville.

Facon et Dalongeville se connaissent bien, très bien même, depuis la campagne de 1997 où, dans la reconquête de la circonscription enlevée quelques années auparavant par le maire de Noyelles-Godault, Jean Urbaniak, Gérard Dalongeville mit tout son zèle et son esprit de stratège au profit du député courriérois. Qui lui en sut longtemps gré… D’autant plus qu’il était de notoriété publique qu’entre Albert Facon et Pierre Darchicourt, les rapports étaient loin d’être d’une cordialité extrême. On imagine donc aisément que, même si le message officiel en 2001, était « de soutenir Pierre », la victoire de son ancien directeur de cabinet aura dû provoquer chez Albert Facon une certaine jouissance, celle-ci lui ouvrant en sus tout grand les portes de la présidence de l’agglomération. D’où le fantasme en ces premiers jours de 2002 d’un grand pardon qui, en intronisant Gérard Dalongeville comme son suppléant aux législatives de juin 2002, remettrait ce dernier dans une stratégie de retour imminent au PS. Sauf que l’icône Che sera entretemps passée par là… Et que, dès l’été 2001, Gérard Dalongeville aura commencé à manifester son admiration pour Jean-Pierre Chevènement dont la candidature fait alors un vrai tabac. En septembre 2001, il lui avait déroulé le tapis rouge à l’hôtel de ville et organisé au Cèdre bleu un spectacle de Gérard Lenorman Surfant sur un nuage, le maire d’Hénin en vient même à rêver d’un hypothétique maroquin…

En cette fin janvier 2002, grand branle-bas de combat à l’hôtel de ville où Gérard Dalongeville organise sa première cérémonie de voeux avec, l’invitation résumant tout le contexte anti-Darchicourt d’alors, le maire PS de Lens, Guy Delcourt, comme invité d’honneur. Un voisin prestigieux à propos duquel Gérard Dalongeville expliquera en préambule combien sa présence à Hénin-Beaumont sous la mandature Darchicourt eut été incongrue. Guy Delcourt aura juste le temps de rosir sous quelques compliments d’usage avant de voir, de manière surréaliste, son hôte du jour tirer à boulets rouges sur le Parti socialiste et son député Albert Facon… Mais aussi sur le gouvernement Jospin dont Dalongeville qualifie la loi des 35 heures d’« erreur de conception ». Guy Delcourt, blême, lui qui vient d’être fraîchement intronisé porte-parole de la campagne Jospin dans le Pas-de-Calais, quittera l’hôtel de ville, furibard. Jurant ses grands dieux qu’on ne l’y reprendrait plus. Gérard Dalongeville venait quelques minutes plus tôt d’annoncer sa candidature aux législatives contre Albert Facon. Le grand pardon ce ne sera donc pas pour cette fois-ci !

7 Passé le nouveau camouflet de la candidature Dalongeville aux législatives, les passes d'armes continuent de plus belle au sein du PS héninois désormais scindé en deux factions se regardant en chiens de faïence, les Darchicourtiens et les Albertistes... Une guéguerre qui finira mal, comme bien souvent.

La Poste peut remercier René Albert et Micheline Rudi, qui, depuis l'automne 2001, multiplient les courriers aux caciques du parti de manière exponentielle. Leur souhait : qu'une section-bis du parti, dégagée de l'influence (néfaste selon eux) de Pierre Darchicourt voit le jour à Hénin. Un voeu pieux qui floppe quelque peu puisque, courrier après courrier, les réponses des instances fédérale ou nationale. En avril 2002, les deux sécessionnistes écrivent une nouvelle fois à François Hollande. Tout d'abord pour expliquer combien eux et leurs camarades ont été écartés du meeting lensois de Lionel Jospin qui fut un échec retentissant, la faute à « l'immobilisme de certains de nos élus et dirigeants locaux », tempête le duo pointant en filigrane le patron de la « circo », Albert Facon). Et les mots ne sont pas plus tendres pour caractériser l'immobilisme du secrétaire fédéral, Serge Janquin, et « son inertie quant à l'arbitrage du bien-fondé de la reconnaissance de notre section dissidente ». Du côté de Monsieur Gérard ? Eh bien les hostilités sont franchement lancées avec un Albert Facon épargné jusqu'alors et que le maire taxe désormais d'homme au « comportement immature », d'un député usant et abusant de « la récupération politique ». « Mais on n'est pas à un spectacle de claquettes ! Il faut arrêter de faire battage dans la cour des usines mais travailler en amont et se serrer les coudes... », s'offusque ou fait semblant de s'offusquer celui qui a gagné la réputation de « pugnace barbu ». AA: ben, il n'avait pas complètement tort le barbu!

Le 21 avril passera par là pour attiser la rancoeur... À Hénin, dans le contexte que l'on connaît d'un FN trouble-fête, le PS sort vainqueur de son duel avec le MRC chevènementiste (17,5 % contre 11 %). Avantage Facon ? Pas si sûr puisque, dans les jours suivants, Dalongeville tire la couverture à lui en jouant les chevaliers blancs anti-FN avec un calicot apposé au fronton de l'hôtel de ville (dont le préfet exigera le retrait) et une manif anti-FN dans le centre-ville.

« Ils ont osé ! »

À un mois des législatives, c'est l'offensive anti- PS qui se muscle lors d'une conférence de presse où Gérard Dalongeville et son suppléant, le Leforestois Michel Rodriguès (ancien collaborateur de Jacques Mellick) dénoncent en Albert Facon un « PS arrogant... donneur de leçons » et « dénué d'autocritique » qui se coupe progressivement de la population.

Pas en reste, Albert Facon ne se gênera pas alors pour sortir la grosse artillerie contre celui qui, 5 ans plus tôt, lui avait été précieux : « Dalongeville ? Ce n'est qu'un petit caporal spécialiste des inaugurations de plaques d'égout ! » Le maire d'Hénin et son compère leforestois sont montrés du doigt pour avoir osé déposer une gerbe en souvenir du 10 mai 1981 : « Je les connaissais menteurs, affabulateurs et avec un ego énorme, mais je ne les connaissais pas imposteurs... Ils ont osé ! C'est une honte pour tous les socialistes ! » Une attaque conclue par une ultime salve signée Jean-Pierre Corbisez : « Pour tuer la gauche, ces deux-là sont aujourd'hui prêts à tout ! » Et pour l'un d'entre eux, ça ne fait même que commencer !

 

8 Au coeur du mois de mai 2002, l'affaire explose comme une bombe à fragmentation au coeur de la campagne législative. Une histoire qui paraît alors incroyable, et que, dix ans plus tard, tout le monde a intégré comme le scénario le plus rocambolesque qu'ait connu la vie politique héninoise. Qui est pourtant déjà bien perverse...

Tout commence dans la foulée du grand numéro de claquettes anti-FN de Gérard Dalongeville pendant l'entre-deux tours de la présidentielle : manif, banderole au fronton de la mairie, grandes déclarations la main sur le coeur... Une mobilisation payée cash lors du premier conseil municipal ayant suivi le scrutin. Lors d'une passe d'armes verbale, Steeve Briois, à la tête d'une opposition frontiste alors uniquement forte de trois élus, se dresse et pointant l'index vers Gérard Dalongeville lui lâche une petite phrase qui paraît alors sibylline pour tout le monde: "Vous voulez que je raconte à tout le monde ce qui s'est passé sur le parking de Babou !"

Visage empourpré en retour du maire qui balbutie et, dans un état second, improvise une suspension de séance pour retrouver ses esprits. L'anecdote intrigue, amuse sur le coup, mais est vite oubliée par tout le monde... Enfin pas tout à fait puisque, la curiosité aidant, à notre demande, Steeve Briois accepte finalement de décrypter cette petite phrase énigmatique. Et là, on en reste comme deux ronds de flanc... Le conseiller régional FN héninois nous explique tout simplement comment, en mars 1999, il reçoit un coup de fil de Gérard Dalongeville, fraîchement parti avec ses cliques et ses claques du cabinet de Pierre Darchicourt. Et ce que le socialiste propose au frontiste est tout bonnement ahurissant puisqu'en substance, il lui fait savoir qu'il préfère voir un Steeve Briois devenir maire d'Hénin plutôt que Pierre Darchicourt. Et lui propose de lui faire parvenir aussi régulièrement que discrètement certains documents embarrassant pour le maire d'Hénin, soustraits au cabinet avant son départ. Une conversation qui pourrait être juste sortie des fantasmes de Steeve Briois... si elle n'avait été précieusement captée par l'élu frontiste sur un mini-enregistreur. Le précieux document original dormant depuis lors dans le coffre de son camarade Freddy Baudrin... Une affaire dont on soupçonne le côté éminemment vénéneux que l'on teste, le 17 mai, devant Gérard Dalongeville, dans l'intimité de son bureau majoral.

Et le moins que l'on puisse dire est que cette histoire lui fera de l'effet puisque, débordant de rage, les yeux injectés de sang et les joues rougies par un psoriasis fulgurant, le maire vitupère et entre dans une rage folle. Jusqu'à bousculer tout ce qui lui tombe sous la main. « Moi aussi, je peux raconter n'importe quoi et dire que je possède un enregistrement prouvant qu'Albert Facon a rencontré des extra-terrestres!», hurle-t-il, voyant là le signe d'une manipulation et d'une entente Darchicourt-Briois.

L'affaire devient publique et met Dalongeville au plus mal, le paroxysme étant atteint le 30 mai lors d'un débat télévisé sur les ondes de C9 lorsqu'Albert Facon, excité comme une puce par la révélation de cette histoire, sort sur la table un lecteur de cassettes et toise avec un sourire malicieux son ami Gérard pour lancer à la cantonade « Est-ce qu'il a ramené la cassette ? » et de poursuivre, goguenard, « Vas-y Gérard, fais-nous écouter la cassette ! » Dalongeville, au comble de la fureur, arrache alors son micro-cravate. Avant de tirer des salves en série contre le député sortant et faire la sourde oreille aux provocations estampillées « Babou ». Il jure ses grands dieux qu'il portera plainte pour diffamation. Mais ne le fera pourtant jamais !

Le lendemain, il ne faut sans doute y voir qu'un méchant hasard, notre agence de La Voix du Nord est cambriolée. Heureusement, seules des cassettes audio et des CD gravés sont emportés par ces monte-en-l'air mélomanes dont on n'a jamais su qui ils pouvaient être.

 

9  L'affaire Babou va-t-elle décrédibiliser Gérard Dalongeville ou, ce dernier criant au complot, va-t-elle lui faire porter une couronne d'épines du martyr?

En ce 9 juin 2002, le PS joue en effet gros sur la 14e avec cet inattendu face-à-face Facon-Dalongeville. Après Darchicourt, l'impétueux maire d'Hénin se paiera-t-il le député ? D'autant que le maire d'Hénin y met les moyens. Dans son entourage, on multiplie les soutiens via une équipe de campagne qu'on annonce alors forte de 300 membres, le « pôle républicain » rassemblé sur Hénin (et qui ne durera que le temps d'un printemps) ayant réussi à rallier à lui quelques piliers de la vie associative héninoise.

Seule circonscription du Pas-de-Calais à vivre cette exception, la 14e voit également le PRG local bafouer les accords nationaux de soutien au PS pour se rallier au ticket Dalongeville-Rodriguès. À l'époque, autour de Jean-Marie Caléro, président de la fédération régionale, on retrouve déjà ceux qui seront, quelques années plus tard, des alliés de poids de Gérard Dalongeville dans sa stratégie de retour au PS, à savoir Jean-Marc Bouche (qui vient de reprendre la gérance du Cèdre bleu, cantine du maire, the place où toutes les affaires héninoises se finalisent autour d'un verre ou d'un bon repas), Olivier Vergnaud ou Jean-Pierre Chruszez.

Quant à Claude Chopin, le premier adjoint, lors de la dernière semaine de campagne, publie un vibrant communiqué de presse rappelant sa qualité d'ancien responsable national socialiste  pour expliquer combien Gérard Dalongeville « est un homme courageux et d'honneur ». Un jugement de valeurs à propos duquel, dix ans plus tard, M. Chopin doit se mordre bien fort les lèvres... Rapidement dans la soirée, on comprend que l'OPA dalongevilienne sur la circonscription a « flopé ». Hormis Hénin-Beaumont où l'élu MRC pointe en tête (il faut se souvenir qu'à l'époque, Gérard Dalongeville avait fait grimper la base militante du mouvement chevènementiste à des hauteurs himalayennes, notamment en distribuant généreusement les cartes parmi le personnel municipal), seule la ville de Leforest (dont le maire, Michel Rodriguès, était suppléant) plébiscite le ticket dalongevillien.

Albert face au fan club

Dans les fiefs PS ou PC, la gamelle est même spectaculaire avec moins de 5 % à Courrières, 2 % à Oignies, 3 % à Rouvroy et Méricourt. Avec 14,4 % des exprimés, le maire d'Hénin pointe donc en troisième place, loin derrière Albert Facon et Steeve Briois.

Une victoire qu'Albert Facon choisira de savourer sans réserve en allant, en ce dimanche soir électrique, carrément défier Gérard Dalongeville en salle des fêtes d'Hénin-Beaumont. Sûr de lui, avec le sourire goguenard de celui qui est partout chez lui, l'homme qui est bien parti pour rester député, doit alors faire face à un déluge d'insultes et de noms d'oiseau d'un fan club dalongevillien littéralement déchaîné par l'audace du Courriérois.

Dalongeville, lui même, vient en rajouter en déplorant, les yeux dans les yeux, le « manque de dignité et d'humilité du député »... Lequel ne se laisse pas faire et mouche le maire d'Hénin, même si celui-ci, devant micros et caméras, vient d'appeler « à voter sans réserve pour Albert Facon afin de faire barrage au FN ».

Un ralliement que le socialiste analyse à sa juste mesure, ravivant même des souvenirs de 1999-2000 : « Si Dalongeville appelle à voter pour moi, c'est contraint et forcé. Moi, je ne promets pas l'université ou le TGV à Hénin. Et puis, il a peut-être oublié ce que j'ai fait pour lui ... » Pas faux! Le second tour ne sera qu'une simple formalité pour Albert Facon, alors que Gérard Dalongeville sort de ce duel renforcé sur Hénin mais a priori affaibli au sein de la famille communautaire. Quant au PS héninois qui n'a pas réussi son opération-reconquête, il entre, lui, en véritable zone de turbulences.

10 L'été 2002 est celui de tous les déchirements au PS héninois où Daniel Duquenne et son mentor, Pierre Darchicourt, deviennent chaque jour un peu plus chien et chat.

Une situation qu'à distance, René Albert et Micheline Rudi, plus activistes que jamais dans leur volonté de refonder une section socialiste « dédarchicourtisée », observent en se frottant les mains. Tant cette guérilla interne pourrait servir leur cause... Dans ce combat interne, Daniel Duquenne peut alors compter sur Albert Facon (ce ne sera pas toujours le cas !) qui appuie la motion de défiance prise au cours de l'été en commission administrative, afin de dénoncer toute éventualité de retour du maire d'Hénin-Beaumont au sein du PS. Le député s'en porte garant assurant que lors des municipales « le PS aura une tête de liste bien à lui, et ce sera un vrai socialiste, je peux vous l'assurer ! » Un Courriérois d'autant plus motivé qu'il fulmine alors d'avoir, dans les pattes, deux recours en annulation de l'élection législative... téléguidés par des proches de Dalongeville !

Pendant ce temps-là, dans les coulisses fédérales, c'est un plan B de reprise en mains de la section d'Hénin qui s'esquisse alors que l'on apprend qu'une mission de pacification pourrait être confiée à Nathalie Samadi, qui fut proche de Jacques Mellick... avant de se rapprocher de Marie-Noëlle Lienemann. Une rumeur non dénuée d'intérêt lorsqu'on sait les liens d'amitié qui persistent entre l'ex-homme fort béthunois et Gérard Dalongeville. De là à imaginer que la jeune femme ait tout d'un cheval de Troie qui, une fois en place, faciliterait le retour du fils prodigue au bercail socialiste, toute honte bue... Au coeur de cet été bien chaud politiquement, un autre nom circule pour remettre la section héninoise sur de bons rails, celui d'Annick Genty, fraîchement débarquée du conseil municipal car invalidée, mais toujours très active au niveau fédéral. Où elle siège au Bureau... Des options qui, bien évidemment, contrarient au plus haut point le duo Rudi-Albert. Surtout que, depuis un an, Serge Janquin fait la sourde oreille à ses insistantes propositions...

Et à la mairie d'Hénin, me direz-vous ? Eh bien l'ambiance n'est curieusement guère plus réjouissante que, rue Elie-Gruyelle, du côté de la rose héninoise. En effet, depuis l'hiver 2001 et le logique départ de Daniel Duquenne vers le conseil régional, c'est Richard Gonzales qui a pris en mains la Direction générale des services. Chevènementiste émérite, M. Gonzalez devait a priori former un duo idéal avec Gérard Dalongeville.

Sauf qu'en quelques mois, les nuages commencèrent rapidement à s'assombrir au-dessus de M. Gonzalez, un peu trop critique avec son patron et qui n'hésite pas à le faire savoir. Ce qui lui vaudra quelques mois d'humiliations en série (un classique du management dalongevillien dont souffrirent plusieurs chefs de service, mais aussi une dir'cab et un certain nombre d'élus). Résultat des courses, à l'été 2002, la Ville n'a plus de DGS, M. Gonzales étant en pleine dépression après un épisode particulièrement éprouvant, le jour de la fête de la Musique où Dalongeville lui passe un savon carabiné dans son bureau, hurlant tellement fort que les services comme les visiteurs n'auront rien pu manquer de cette méga-engueulade.

Richard Gonzales, qui ne communiquait déjà plus avec son maire que par post-it interposés, finira par lâcher officiellement la barre en octobre, laissant un siège vacant. Et un maire fermement décidé à ne plus avoir de DGS trop zélé dans les pattes...

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04/10/2012 21:30 par caton

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    04/10/2012 21:30 par caton

Ce vendredi 5 octobre, entre 11H00 et 14H00, afin de faciliter le tournage d'un film, la municipalité a modifié les réglements de circulation et de stationnement dans les rues suivantes :

- Stationnement interdit rue Loubet, rue Willefert, rue Dolet et Place Wagon

- Circulation interdite place Wagon et rue Loubet.

décision le 17 octobre pour MSI

04/10/2012 15:42 par caton

  • décision le 17 octobre pour MSI

    décision le 17 octobre pour MSI

    04/10/2012 15:42 par caton

Ce matin,la direction de Meca Stamp International s'est rendue au tribunal de commerce d'Arras pour tirer le bilan de trois mois de prolongation d'activité. Et éviter une liquidation qui serait une nouvelle catastrophe pour l'emploi dans le secteur. Afin de donner une ultime chance à MSI, les juges ont octroyé à l'entreprise un ultime délai jusqu'au 17 octobre.

VDN 3/10/2012

12 ans de descente en enfer

04/10/2012 11:46 par caton

  • 12 ans de descente en enfer

    12 ans de descente en enfer

    04/10/2012 11:46 par caton

Pour clarifier la situation de notre Ville, nous avons décidé de créer une rubrique supplémentaire qui s’intitule : REVUE DE PRESSE.

Nous nous sommes  accordés dans ce comité pour inaugurer celle – ci par l’excellent rappel qu’a initiée la Voix du Nord sous la plume de Pascal Wallart. Point n’est besoin de présenter ce journaliste local dont la probité n’a d’égale que la sympathie qu’il dégage. C’est un œil avisé, témoin depuis de longues années de la descente aux enfers de notre cité. Voilà pourquoi, il nous semblait légitime d’éditer son excellent travail de rappel sur une situation qui pourrait être incompréhensible aux non - initiés de la vie locale.

 Bonne analyse à tous !

Le Comité RRC

 

12 ans de descente en enfer

PAR PASCAL WALLART

1 10 juin 2012 : en totalisant 16,71 % des suffrages héninois lors du premier tour des législatives, Philippe Kemel place la barre de l'influence socialiste au plus bas sur l'échiquier politique de la ville. Mais comment, diable, un parti qui fit des décennies durant la pluie et le beau temps à Hénin-Beaumont en est-il arrivé là ? Quels sont les démons intérieurs qui, depuis 2000, ont petit à petit gangrené l'influence du parti à la rose jusqu'à en faire aujourd'hui une peau de chagrin ? Coup de rétro sur une machine politique sacrément grippée...

Un nouveau siècle qui ouvre à Hénin-Beaumont une nouvelle ère. À un an des municipales, Pierre Darchicourt, sur lequel plane depuis toujours l'encombrante image du père n'imagine pas un seul instant perdre son fauteuil majoral. Comme s'il était maire de droit divin... Or, le fils est fait d'un autre bois, bien moins en empathie avec l'homme de la rue que le père ne l'était, et la ville bruisse de rumeurs peu amènes pour celui qui est également vice-président à la Région... On le dit en indélicatesse avec la Justice, annonce que la brigade financière s'intéresse  aux finances héninoises et certains murmurent même que le maire dormirait en prison.

Lourde ambiance. D'autant plus que la maison socialiste héninoise, maison de confiance depuis toujours, commence à se fissurer au fur et à mesure des disgrâces de certains de ses cadres. À commencer par Claude Chopin, fils de l'emblématique Berthe, et qui fut des années durant un des piliers du PS héninois, en en connaissant chaque rouage. Depuis 1995, l'ancien premier adjoint est « tricard » et persona non grata à la mairie... Idem pour Saverio Maldonato, impétueux adjoint aux finances, lui aussi poussé dans la marge par un Pierre Darchicourt ne supportant plus sa fougue difficilement maîtrisable... Ou encore Claude Duberger, secrétaire des Amis de la rose à l'accent rocailleux, qui n'a plus, mais plus du tout, les grâces du maire. « Le problème avec Pierre, c'est qu'il se fâchait avec tout le monde et qu'il se mettait petit à petit à dos aussi bien des militants que des élus. En fait, il n'avait pas de rapports amicaux avec qui que ce soit, il était comme ça, Pierre ! » se souvient Daniel Duquenne, qui était alors du premier cercle de Pierre Darchicourt.

 

« Il vampirisait Darchicourt ! »

 

Un problème comportemental dont, en cette année 2000, un Héninois entend bien faire son miel. Il s'appelle Gérard Dalongeville et, jusque début 1999, était directeur de cabinet de Pierre Darchicourt.

Un jeune homme ambitieux, placé quelques années plus tôt par Daniel Percheron auprès du maire d'Hénin-Beaumont pour y faire ses armes. Et qui se révèle très vite un incroyable Machiavel, réussissant en quelques mois à se débarrasser de la Dir'cab jusqu'alors en fonction pour la remplacer. Et se « révéler », comme s'en souvient Daniel Duquenne : « Il n'avait pas son pareil pour manipuler les gens, les flatter et mettre Pierre Darchicourt en porte-à-faux. Lorsqu'il recevait les gens à la place du maire, c'était souvent pour des questions d'emploi, il leur disait que si ça ne dépendait que de lui tout irait bien, mais que le maire ne voulait pas. Et puis il montait Pierre Darchicourt contre nous, il l'avait carrément vampirisé et j'avais même alors été mis sur la touche. Jusqu'à ce que le maire comprenne, grâce au DGS, Philippe Tessier, la vraie nature de Dalongeville. Il l'a finalement coincé avec une histoire de vérification des marchés publics... » Début 1999, fuyant le cabinet plutôt que d'en être viré, Dalongeville est lâché dans la nature et rumine sa vengeance. Qu'il promet terrible. L'homme est alors encore officiellement socialiste et, fort logiquement, va se jeter dans les bras d'autres amis socialistes, dont Jean-Pierre Kucheida... par ailleurs ennemis jurés de cet empêcheur de tourner en rond de Darchicourt. Qui, à la tête du District d'Hénin-Carvin, joue trop souvent les francs-tireurs et les méprise superbement. Et si la haine de ce jeune Héninois barbu était la meilleure des armes pour abattre l'arrogant maire d'Hénin ?

2 « Cette histoire entre Pierre Darchicourt et Gérard Dalongeville, ça nous est un peu passé au-dessus de la tête, à nous, élus de la majorité.

On n'a jamais vraiment su ce qu'il s'est réellement passé entre eux ! Je suis convaincu que Pierre Darchicourt avait autour de lui des gens intègres qui ont essayé de faire des choses, certes commis des erreurs, mais loin, très loin de ce que j'ai pu lire dans le bouquin de Dalongeville. Là, je suis tombé des nues... ». Aujourd'hui « rangé des voitures », en tout cas de la vie politique puisqu'il a largué les amarres depuis quelques années avec le PS, Jean-Luc Lottegier était en 2000 le secrétaire de la section socialiste d'Hénin-Beaumont : « On avait une vie de section qui marchait plutôt bien avec, à la fin des années 90, un peu plus de 200 cartes, ce qui était loin d'être le point culminant de la section, pendant les années Piette, au début des années 80, où on a eu jusqu'à 500 cartés ! » Jean-Luc Lottegier, qui était également l'un des piliers de l'équipe municipale de Pierre Darchicourt, a vécu aux premières loges la grande cassure avec Gérard Dalongeville, en 2000, lorsque celui-ci fait savoir qu'il est candidat à la candidature PS contre Pierre Darchicourt au sein de la section. Une hérésie, un crime de lèse-majesté qui se paiera alors rapidement au prix fort : l'exclusion de Dalongeville du PS. Enfin, en apparence... puisque, dans l'ombre, bon nombre de caciques de la fédé 62, excédés par le comportement hautain de Pierre Darchicourt et persuadés qu'il ne rencontrera plus la même adhésion populaire qu'en 1995, encouragent en sous-main la candidature dissidente du dir'cab revanchard. Dans le même temps, un autre militant socialiste héninois se décide également à entrer dans un combat frontal avec Pierre Darchicourt, en se présentant également contre lui aux primaires de section. Il s'appelle Jacques Nowak, a son franc - parler et les mots qui font mouche pour dénoncer la dérive monarchique du maire d'Hénin... Le temps de la révolte a incontestablement sonné du côté des « damnés du PS » alors que, dans la quiétude de son cabinet, Savério Maldonato, prépare lui aussi la riposte à Darchicourt en donnant asile à Claude Chopin qui implante là-bas son QG... Jean-Luc Lottegier se remémore le vote des primaires de 2000 qui fut sous haute tension : « Je me souviens avoir interdit à Gérard Dalongeville de voter puisqu'il venait d'être exclu par Serge Janquin. Il était venu avec son épouse et ils étaient beaucoup au sein de la section à ne même pas vouloir le laisser entrer dans la salle des votes.

J'ai pris sur moi de l'en autoriser puisque son épouse, elle, avait le droit de voter... Les semaines passant, on a compris que Dalongeville se présenterait tout de même lors de sa campagne comme socialiste, même non carté... » Et pour cause puisque, derrière lui, ils sont nombreux au PS à espérer la chute de la maison Darchicourt, et même au-delà puisque Jean-Marie Alexandre, pour le MRC, ou encore Yves Coquelle, pour le PCF, furent des ardents artisans souterrains de l'option Dalongeville afin de retrouver enfin un peu d'espace politique à Hénin-Beaumont.

La campagne sera irrésistible pour Dalongeville, unissant les grognes des Nowak, Maldonato et Darchicourt et ratissant large, promettant même à tout va des lendemains où il raserait gratis; a contrario, cette campagne sera un véritable chemin de croix pour Pierre Darchicourt, qui fera le service minimum, persuadé qu'in fine les gens le plébisciteront : « Il était convaincu que c'est avec un bilan qu'on gagne une élection. Or, c'est en faisant campagne, et uniquement en faisant campagne qu'on remporte un scrutin. Pierre n'a pas voulu le comprendre ou trop tard. Mais le mal était déjà fait... » Atomisé dès le premier tour, Pierre Darchicourt tentera bien de renverser la vapeur entre les deux tours en promettant de laisser son fauteuil à Jean-Claude Delhaye en cas de victoire, mais le ressort était déjà cassé. Le Dir'cab éconduit, qui a entre-temps largué les amarres avec les Maldonato et Nowak dont il a vite compris qu'il ne pourrait les avoir sous son contrôle, tient sa revanche. Et cette mairie dont il rêvait. Officiellement, le PS a donc perdu Hénin-Beaumont, mais dieu que les apparences sont trompeuses...  

3 Mars 2001 : Gérard Dalongeville a réussi le hold-up parfait laissant un PS exsangue autour de Pierre Darchicourt KO debout. On aurait alors pu attendre de l'ancien maire qu'il fasse preuve de force de caractère en partant, toute honte bue, à la reconquête de son siège. Mais il n'en sera rien et son refus de l'obstacle causera très vite d'énormes dissensions dans la famille à la rose...

Le jour de gloire est arrivé pour Gérard Dalongeville en ce dimanche matin où il doit être installé dans sa fonction de maire. Pendant toute la semaine, en mairie, c'est ambiance panique à bord pour une ribambelle de cadres et de proches collaborateurs de Pierre Darchicourt qui quittent le navire héninois pour rejoindre la communauté d'agglomération ou des collectivités voisines.

« Pour moi, cette période, c'est avant tout le jour où Dalongeville est venu me voir dans mon bureau. Ouh là, ce n'est vraiment pas un bon souvenir... D'autant plus que, pendant la semaine précédant l'installation du nouveau conseil, des employés municipaux avaient placardé dans les couloirs "Attention, le loup est de retour dans la bergerie !" », se souvient Daniel Duquenne. Qui, à l'époque était DGS, et eut à souffrir mille morts pendant les quelques mois qui précédèrent sa mutation à la Région.

Revenons à ce fameux « grand dimanche » qui fut conclu par une fête homérique dans l'hôtel de ville où les bouchons sautèrent par centaines jusque tard dans l'après-midi pour ouvrir cette nouvelle ère. Une ère à laquelle Pierre Darchicourt choisira finalement de ne pas apporter sa contribution.

Le jour de l'installation, l'« ex » fait courir le bruit qu'il vient d'être hospitalisé d'urgence pour masquer son refus de vivre une séance humiliante.

Lors de la réunion suivante du conseil, il présentera carrément sa démission, réalisant ainsi une erreur politique qui, à court terme, mènera à sa disgrâce en Région. Daniel Duquenne ouvre à nouveau la boite à souvenirs : « Je lui avais conseillé de ne pas démissionner, en lui expliquant qu'on reviendrait et qu'il fallait qu'il garde une équipe autour de lui. Mais il m'a juste répondu "Tu ne crois pas que je vais me contenter de 3 ou 4 séances de conseil par an, non ça c'est pas pour moi !" Il a démissionné et l'a très vite amèrement regretté ! »

« Darchicourt était appelé Louis XIV ! »

Du côté du secrétariat de la section PS, juste avant les municipales, Jean-Luc Lottegier venait de passer la main à René Albert, un syndicaliste aussi jovial qu'entier, pour se consacrer pleinement à la campagne de Pierre Darchicourt au côté de Nicolas Desfachelle et Jean-Claude Delhaye. « On aurait dû avoir la puce à l'oreille parce que, pendant la campagne, on s'est vite rendus compte que la fédération socialiste n'avait aucune position franche, claire et tranchée par rapport à lui. On a rencontré Serge Janquin à plusieurs reprises qui nous disait juste "Pour moi Dalongeville n'est plus socialiste ! " mais ce n'était jamais suivi de véritable effet, explique Jean-Luc Lottegier. En plus, nous, on la trouvait plutôt incroyable que Dalongeville ait attiré vers lui tous les déçus du système Darchicourt puisqu'il en avait été lui-même l'instigateur. Il faut savoir que c'est Dalongeville et moi qui avions mis Chopin sur la touche de la section PS ! Et puis il a réussi à attirer à lui tout le service technique, là où Pierre Darchicourt était carrément appelé Louis XIV... Pendant toute la période où il a été au cabinet de Pierre Darchicourt, il avait déjà beaucoup assuré sa popularité puisqu'il apparaît que lorsqu'un bouquet de fleurs était envoyé, c'était en double, un au nom du maire et un au sien ; idem pour les courriers qu'il adressait au nom de Pierre Darchicourt et un en son nom. Au bout du compte, il avait fini par être plus fort que le parti socialiste lui-même ! » Un PS qui, d'ailleurs, dès la démission de Pierre Darchicourt enregistrée, va commencer à sérieusement dérailler...

 

4  Les premiers mois de la mandature Dalongeville marquent une véritable hécatombe sur la liste PS où, l'un après l'autre, les élus démissionnent. Jean-Claude Delhaye, Marcelle Varet et le PRG Guy Gilbert quittent successivement la scène municipale.

Si, sur les bancs de l’opposition socialiste, rabrouée quand elle n'est pas humiliée par un Gérard Dalongeville revanchard à souhait lors de chaque séance de conseil, c'est panique à bord, du côté de la section toujours forte de 217 adhérents, l'eau prend de partout. Il n'a en effet pas fallu deux mois pour que la suffisance de Pierre Darchicourt, aigri de surcroît par son cuisant échec, ne provoque des crises d'urticaire dans les rangs de la section. « Pierre était resté très hautain. Ainsi, lorsqu'il venait au siège, rue Elie-Gruyelle, il ne se mélangeait jamais aux militants et restait cloîtré dans son bureau à l'étage. Pour lui parler, il fallait grimper là-haut et beaucoup avaient du mal à le supporter ! » se souvient Daniel Duquenne.

En mai, le clash est inévitable lorsque le torchon commence à brûler entre l'ancien maire et la trésorière de la section, à savoir son ancienne adjointe à la vie associative, Micheline Rudi. Dont il exige qu'elle lui remette toutes les pièces comptables. Raison invoquée : l'imminente informatisation de la trésorerie... Mais la vraie raison est autre, tout autre même, puisqu'elle tient aux liens d'amitié qu'entretiendrait la trésorière... avec ce félon de Gérard Dalongeville. Dix-neuf ans de carte et trois mandats dictent à Mme Rudi de ne pas jouer les béni oui-oui... Ce qui la pousse à entrer en guerre ouverte avec son ancien patron, rejointe dans cette croisade par le secrétaire de section, en personne, René Albert, qui sonne la charge contre le maire déchu et démissionne de son mandat. « Le vrai problème de Pierre Darchicourt est qu'il n'arrive toujours pas à accepter sa défaite. Et s'en prend à tout un tas de vieux militants qui, comme moi, ont depuis longtemps compris quel était le vrai problème et ne s'enfermeront pas dans ce type de démarche aveugle », tempête alors M. Albert. Qui, avec sa camarade Micheline, va remuer ciel et terre pour extirper le PS de l'influence de Pierre Darchicourt. En septembre, tous deux émettent le voeu de créer une seconde section socialiste à Hénin-Beaumont, une bizarrerie qui a déjà été vécue douloureusement du côté des socialistes de Boulogne ou de Lens... Une initiative qui, bien évidemment, est très très mal prise au sein de la section héninoise que Daniel Duquenne a repris en mains après le forfait de René Albert. Une section au sein de laquelle Pierre Darchicourt s'isole de plus en plus, ayant, juste avant l'été, mis sur la place publique ses différends avec le député (et patron de la circonscription PS) Albert Facon, le qualifiant d'homme « sans scrupules » au « comportement que d'aucuns qualifient de scandaleux » après que ce dernier ait volontairement omis de créditer à Pierre Darchicourt la réalisation de la résidence Léo-Ferré, inaugurée en juin 2001. Et pour laquelle Gérard Dalongeville n'aura eu d'autre mérite que celui d'avoir acquis le ruban tricolore ayant servi à l'inauguration. Combat des chefs, scission en vue et, derrière tout ça, l'ombre de Gérard Dalongeville qui manipule avec jouissance tout ce petit monde en regardant la maison Darchicourt s'effriter. Le Rubicon sera même franchi en septembre 2001 lorsque Micheline Rudi, à la suite de démissions en cascade, finit par devenir conseillère municipale. Et choisit alors en son âme et conscience de tourner le dos à la section darchicourtienne : « J'ai mûrement réfléchi à ce que j'allais faire dans le contexte actuel où nous cherchons à recréer un vrai PS démocratique à Hénin.. Aujourd'hui, ma position est claire. Les décisions que je prendrai au conseil municipal ne viendront que de moi, sans avoir à obéir à un groupe qui, par des comportements rancuniers et irresponsables, s'éloigne de plus en plus de son rôle de "faire avancer notre ville". Je suis toujours socialiste et je le resterai » À deux on fait mieux, paraît-il... Pas sûr !

5 Automne 2001, la série noire continue au sein du groupe municipal PS qui perd mois après mois ses élus. Cette fois-ci, contrairement aux autres, ce n’est pas le dépit ou la déception qui pousse Annick Genty hors du conseil, mais son invalidation par le T.A., sa fonction de responsable de l’UTASS héninoise étant alors jugée comme incompatible avec son mandat municipal…

Ce départ de celle qui, jusqu’alors animait avec pugnacité le groupe socialiste malgré les sarcasmes répétés du maire, permet un intéressant come back… Celui de Jean-Luc Lottegier, secrétaire de la section PS jusqu’aux élections municipales, et qui était l’un des plus fiables lieutenants de Pierre Darchicourt. Il rejoint alors les rescapés de l’équipe Darchicourt, à savoir le discret Beaumontois, Guy Flament, mais aussi l’ancienne adjointe, Martine Drapier, un des symboles de la défunte Darchicourtie. Un PS héninois qui avait un premier ennemi de l’intérieur nommé Gérard Dalongeville, connaissant sur le bout des ongles la maison socialiste et les petits travers de son ancien patron, mais évitant alors soigneusement de retourner les poubelles.

Ce qui n’est pas le cas de Mme Rudi qui, rudoyée par Daniel Duquenne, dans le journal interne du PS « Entre nous » n’hésite pas à révéler qu’en 1999, l’ancien maire avait mis le compte de la section à découvert en commanditant un sondage d’un coût de plus de 9 000 € à la société EDL communication publique. Une prestation dont on ne saura jamais comment elle fut réglée puisque, dixit l’ancienne trésorière, l’émission d’un premier chèque de plus de 6 000 € avait mis le compte du PS héninois à découvert.

On croit que cette année 2001, déjà bien chargée en émotion en a fini avec ses coups de théâtre, eh bien l’on se trompe puisque, quelques jours avant Noël, c’est au tour de Martine Drapier de jeter l’éponge. Ulcérée par le passage dans l’équipe Dalongeville de son ancienne collègue, Micheline Rudi, l’ex-adjointe aux affaires sociales largue les amarres avec la politique  et de jeter la première l’opprobre sur certains caciques socialistes du bassin minier ayant délibérément aidé Gérard Dalongeville pour se débarrasser d’un Pierre Darchicourt « qui était tellement bon qu’il inquiétait quelque part son environnement…, Hénin-Beaumont devenait quelque part trop puissante et Pierre Darchicourt trop indépendant ! ». Et la conseillère démissionnaire de poser la question : « Croyez-vous qu’à lui tout seul, Gérard Dalongeville aurait pu financer sa longue campagne?… Le travail de fourmis de l’équipe dissidente, pendant plusieurs années, a été orchestré et alimenté de main de maître par quelques “grands. Hénin-Beaumont était une section forte de l’image socialiste du Pas-de-Calais. Aujourd’hui elle est celle qui se déchire. Quel gâchis ! Il faudra des années pour reconstruire ! » Martine Drapier ne sait pas alors à quel point elle a mis dans le mille. Faisant dans son analyse une seule erreur, et de taille, celle de prévoir lors des législatives prévues six mois plus tard un ticket Facon-Dalongeville.

Un ticket qui, s’il avait existé, aurait peut-être changé le cours de l’Histoire ...